18 janvier 2006
Soyez jeunes, soyez jetables !
Ca y est : Villepin ressort une nouvelle forme de “CIP jeune”, un contrat discriminatoire pour tous les moins de 26 ans...
Le "contrat nouvelle embauche" va être étendu à tous les jeunes.
Jusque là, il l'était pour les entreprises de moins de 20
salariés...(une population d'environ 4,5 millions de salariés concernés)
Maintenant, il le sera pour TOUS les jeunes de moins de 26 ans.
L'employeur pourra, contre les conventions internationales de
l'Oit, contre la déclaration européenne des droits de l'homme, contre
le Code du travail,
licencier tous les jeunes SANS MOTIF pendant les deux premières
années, et il se verra, en récompense, exonéré de cotisations sociales
pendant trois ans !
Soyez jeunes, soyez jetables !
Soyez jeunes soyez corvéables !
Moins de 26 ans, on vous donne des chances de trouver un boulot jetable à la place du CDI de papa...
Moins de 26 ans, apprêtez vous à être plus précaires que les précaires
d'avant : même plus de CDD, pas de terme à votre contrat, le patron
pourra vous virer du jour au lendemain, chaque jour pendant deux fois
365 jours...
Pas de procédure, pas de motif : si vous déplaisez, dehors !
Ne vous syndiquez surtout plus ! Plus de délégué du personnel, plus
de syndiqué dans la restauration rapide, plus moyen défendre vos droits
de protester pour les heures supplémentaires imposées et non payés,
sinon dehors !
Jeunes femmes ne tombez pas enceintes avant 26 ans...
Ne refusez pas de rester le soir si votre patron vous le demande... Ne
refusez plus de lui servir le café, il peut vous virez pour ça sans
avoir à en rendre compte...
Jeunes, apprenez à ne pas défendre votre droit du travail, il n'est plus pour vous, avant 26 ans...
Quand vous serez domptés et éduqués, Villepin étendra cela à tous les
salariés, ce sera plus sur : parallèlement, il fait ré écrire le code
du travail de 3151 articles en 38 chapitres, et il fera adopter le
nouveau "code" à droits dégradés par ordonnances en mai prochain,
Et parallèlement, il restreint l'inspection du travail...
Jeunes, laissez vous faire et vous ferez un bond d'un siècle en arrière !
Gérard Filoche (“Démocratie & socialisme” 0607481167)
06 janvier 2006
A quoi sert la synthèse ?
Déclaration de
Jean-Jacques Chavigné,
Marc Dolez,
Gérard Filoche
Collectifs Force militantes pour la Démocratie et le Socialisme
A quoi sert la synthèse ?
Pourquoi la direction du Parti Socialiste ne se bat-elle contre l’accord de l’OMC signé à Hong Kong ?
La synthèse du Mans, nous avait-on affirmé, était une victoire de la
gauche du Parti Socialiste qui avait amené la motion de François
Hollande à modifier sa ligne politique sociale libérale.
L’intégration d’amendements venus, pour l’essentiel, de la motion 5
(NPS) devait, en effet, permettre que change la ligne du parti aussi
bien sur la mondialisation, l’Europe que sur le projet socialiste pour
la France.
L’épreuve de la pratique montre, malheureusement, au moins en ce qui
concerne les négociations de l’OMC et donc la mondialisation, que la
direction du Parti Socialiste n’a pas bougé d’un pouce de sa ligne
sociale libérale. C’est la ligne du Parti Socialiste Européen, celle du
directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce, Pascal Lamy,
qui reste la norme.
Le soi-disant compromis réalisé à Hong Kong est un marché de dupes
Les concessions faites à l’agriculture des pays pauvres n’ont que très
peu de consistance. Par contre, les concessions des pays du Sud sont
bien réelles. Les multinationales des pays riches pourront, après Hong
Kong, imposer plus facilement leurs services et leurs productions
industrielles aux pays non développés. Ils pourront plus facilement,
également, piller les ressources naturelles de ces pays.
Contrairement à la Conférence de Cancun en 2003, les Etats-Unis et
l’Union européenne ont réussi à diviser les pays du Sud et à leur
imposer cette défaite.
Le Medef salue l’accord de Hong Kong qu’il considère comme « un pas en
avant dans la bonne direction ». En revanche, la Confédération
Européenne des Syndicats (CES) estime que l’accord de Hong-Kong « rate
son objectif fondamental, celui du développement et de l’emploi décent
».
Les conséquences catastrophiques de l’accord de Hong-Kong sont
facilement identifiables aussi bien dans le domaine de l’agriculture
que dans celui des produits non industriels.
L’Agriculture
Trois décisions ressortent du « compromis » passé à Hong Kong.
La première décision concerne, d’ici 2013, la fin des subventions à l’exportation pour les produits agricoles des pays riches.
Mais les subventions à l’exportation de l’UE ne représentent,
aujourd’hui, que 3,5 % des subventions à l’agriculture européenne. Les
autres sont des subventions qualifiées d’ « internes » mais qui, en
fait, protègent les « produits sensibles » comme le lait et les
céréales et sont autant d’aides à l’exportation.
Les pratiques des USA ne sont guère différentes. La réalité des aides à
l’exportation n’a donc pas grand-chose à voir avec les fictions
européennes et américaines.
Mais cela ne suffit pas pour l’OMC : le paragraphe 3 de la déclaration
de Hong Kong précise que la date de 2013 « ne sera confirmée qu’au
moment de l’achèvement des modalités ». La concession accordée aux pays
du Sud est non seulement dérisoire mais elle est aussi aléatoire.
La deuxième décision concerne la suppression des aides aux producteurs de coton du sud des Etats-Unis.
La fin des subventions à l’exportation pour le coton américain relève
du même scénario que les autres aides à l’exportation de produits
agricoles. 90 % des subventions accordés aux 25 000 producteurs
américains sont, en effet, considérées comme des subventions à la
production. 10 % seulement du total des subventions sont censées être
des subventions à l’exportation. Comment penser, dans de telles
conditions, que le coton africain (qui pourrait être compétitif car
constitué d’excellentes fibres naturelles) pourrait rivaliser avec le
coton américain sur les marchés mondiaux et - comme l’affirment sans
rire nombre de commentateurs - sur le marché américain lui-même ? Des
millions de petits producteurs de coton africain restent, ainsi,
condamnés à la ruine et à la famine.
La troisième décision a trait à la possibilité pour les pays les moins
avancés (PMA) d’exporter 97 % de leurs produits vers les pays riches
sans acquitter de droits de douane ni respecter de quotas ».
Mais la différence de productivité entre ces pays et les pays
industrialisés est telle que cela ne présente aucun danger pour les
pays riches. Seuls quelques produits pourraient s’avérer compétitifs
(riz, sucre, textile…) mais l’accord signé à Hong Kong a complètement
vidé cet concession de son contenu en permettant aux pays riches
d’écarter 3 % des produits des PMA de ce dispositif. Ces 3 % sont, en
effet, amplement suffisant pour barrer la route aux quelques produits
qui, malgré la différence de productivité, pourraient encore rester
compétitifs.
Il faut ajouter à ces trois décisions que les pays pauvres pourraient
disposer du droit de protéger les produits qu’elles considèrent d’une
importance vitale et leur sécurité alimentaire. Mais il s’agit là d’une
promesse que rien n’est venu concrétiser : les modalités en sont encore
à négocier.
Les produits non agricoles
Les accords prévoient une formule unique de réduction des droits de
douane. Cette réduction affecte tous les produits. Cette formule unique
ne prend pas en considération le développement d’un pays et la nature
des productions que ce pays vaudrait protéger. Elle ne prendra en
compte que le niveau des tarifs douaniers afin de les « écrêter ».
Ainsi, pays riches et pays pauvres seront soumis à la même règle. C’est
une forme d’égalité : celle qui règne dans la jungle où la fourmi et le
tamanoir subissent la même loi…
Les pays du Sud ne pourront donc plus protéger leurs entreprises
industrielles. Là encore la différence de productivité est telle que
des dizaines de milliers d’entreprises de ces pays ne pourront pas
supporter la concurrence des firmes multinationales et devront fermer
leurs portes avec toutes les conséquences prévisibles sur l’emploi de
millions de personnes.
L’ouverture des marchés concerne non seulement les produits industriels
mais également les ressources naturelles : les minéraux comme les
forêts ou la pêche. L’hypocrisie des pays riches atteint là un sommet :
à quoi bon Kyoto ou Montréal si la forêt amazonienne est offerte aux
appétits des multinationales ?
Les règles de l’OMC priment sur toutes les autres règles internationales
Les règles de l’Oms, de l’Unesco, de l’Oit n’ont jamais été prises en considération lors des négociations de Hong Kong.
Comme le souligne la Confédération Européenne des Syndicats (CES) « une
nouvelle fois, les gouvernements ont refusé une référence à
l’Organisation international du travail (OIT) et aux droits sociaux et
normes du travail. La violation des droits fondamentaux, civils,
politiques et sociaux, n’est toujours pas reconnue comme une violation
de l’ordre politique internationale et donc des accords de
l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ».
Le développement sacrifié au commerce international
Le Bureau National du Parti Socialiste, dans un communiqué du 6
décembre 2005 (12 jours avant la signature de l’accord de Hong Kong),
avait exprimé ce qu’il attendait de cet accord : « mettre le commerce
international au service du développement ».
C’est exactement l’inverse qui s’est produit : l’accord signé à Hong
Kong sacrifie le développement des pays pauvres au commerce
international et plus exactement aux intérêts des multinationale
américaines, européennes et japonaises.
Alors, pourquoi ce silence médiatique ? Pourquoi cette discrétion
totalement irresponsable alors que sont en jeu l’avenir des peuples
de la planète et plus concrètement la vie de millions d’habitants des
pays du Sud ? Pourquoi la direction du Parti Socialiste ne
s’indigne-t-elle pas du contenu de cet accord si contraire aux souhaits
qu’elle avait exprimé ? Pourquoi n’exige-t-elle pas que le Parti
Socialiste Européen désavoue le blairiste Peter Mandelson, le
commissaire européen ultra-libéral qui représentait les 25 pays de
l’Union européenne lors de cette négociation ?
La prochaine bataille !
Harlem Désir, secrétaire national à la
mondialisation, s’est exprimé sur les négociations de l’OMC, le 17
décembre 2005, la veille de la signature de l’accord. Le titre de son
intervention était, sur le site du Parti Socialiste : « La prochaine
bataille : imposer des normes sociales ».
On croit rêver ! C’est exactement ce que les sociaux démocrates ont
seriné au cours des 20 années pendant lesquelles, alliés aux libéraux,
ils ont permis que se construise l’Europe des capitaux et de la monnaie
unique : « La prochaine fois, ce sera le tour de l’Europe sociale…»
Avec cette méthode, les sociaux démocrates européens ont
accepté la libre circulation des capitaux avec l’Acte unique de 1986,
la monnaie unique et la Banque Centrale Européenne à Maastricht en
1992, le pacte de « stabilité » d’Amsterdam en 1997, l’élargissement
sans approfondissement à Nice en 2001. Et, pendant que l’Europe
libérale avançait à pas de géant, l’Europe politique et l’Europe
sociale faisaient du sur-place.
Cette méthode qui consiste, à chaque étape, à
accepter les diktats des libéraux sous prétexte de préparer la
prochaine bataille a fait faillite dans la construction de l’Union
européenne. Pourtant, en ne menant pas bataille contre l’accord de Hong
Kong et ses conséquences désastreuses, c’est exactement la même méthode
que la direction du Parti Socialiste met en ¦uvre face à la
mondialisation libérale.
Nous subissons aujourd’hui les effets de la situation catastrophique
dans laquelle cette méthode de construction a plongé l’Union
européenne. Qui peut douter un seul instant que cette même méthode,
appliquée à la mondialisation, pourrait ne pas conduire à une
catastrophe de même nature mais d’une toute autre ampleur ?
16 décembre 2005
BLOG OU VA LA CGT ?
04 décembre 2005
Lettre ouverte à un socialiste du non, par Raoul-Marc Jennar.
Lettre ouverte à un socialiste du non, par
Raoul-Marc Jennar.
vendredi 2 décembre 2005. publié par,
J. M. Hureau
Novembre 2005
Cher Camarade,
Oui, tu m’es cher parce que nous avons pendant des mois partagé la fraternité d’un combat commun qui nous a valu non seulement d’exprimer une même conviction, mais de subir aussi le dénigrement et l’insulte de ceux qui pensent différemment.
Comme des milliers d’autres, avec bon nombre de militants de gauche, membres ou non d’un parti politique, d’un syndicat ou d’une association, je me suis battu sans compter pour que soit rejeté le traité constitutionnel européen parce qu’il allait à l’encontre des valeurs qui définissent une société de solidarité et de justice. Comme des milliers d’autres, j’entends rester cohérent avec ma démarche et fidèle à mes convictions. Ce qui m’incite aujourd’hui à t’écrire.
Je le fais parce que, comme beaucoup d’autres qui se situent résolument dans la volonté de construire une société différente de celle que nous impose le néolibéralisme, je ne comprends pas. Comme beaucoup d’autres, j’attendais du congrès du PS la clarification. Et nous avons son contraire : la synthèse.
Si je peux comprendre que la hantise de la division guide les militants d’un parti, d’un syndicat ou d’une association, je ne comprends pas qu’elle prime sur la nécessité de choix clairs dont on a impérativement besoin en démocratie si on ne veut pas décevoir, si on ne veut pas démobiliser, si on veut éviter que les citoyennes et les citoyens se détournent de la chose publique.
Avec nous, tu as dit « non » à un projet de traité constitutionnel européen qui imposait durablement un projet de société caractérisé par le déclin des pratiques démocratiques, le rejet de la laïcité, la négation de l’autonomie de la femme, la primauté de l’économique sur le politique, la régression des droits sociaux, la disparition des services publics, l’abandon de la solidarité au profit de la compétition, le productivisme, la généralisation du dumping social et des précarités, l’aliénation définitive à l’OTAN.
Notre combat n’était pas une parenthèse qu’on puisse aujourd’hui refermer. Nous ne nous sommes pas battus pour qu’en fin de compte, l’effort premier soit de « dépasser » ce qui nous a opposés aux partisans de ce projet de société.
Nous attendions cette clarification de ton parti parce qu’il réunit des partisans de deux modèles de société différents, parce que nous espérions que le « tous ensemble » du non au néolibéralisme transcenderaient les allégeances particratiques, parce que nous espérions que la « rupture » tant évoquée à nos côtés du haut des estrades et des tribunes serait préférée à l’heure des choix sur une option décisive.
Nous l’attendions d’autant plus que nous gardons en mémoire les espérances déçues de 1981 et de 1997 et que nous espérions qu’enfin soient tirées les leçons du 21 avril 2002.
Nous ne comprenons pas qu’il puisse y avoir synthèse entre partisans et adversaires d’une Europe néolibérale. D’autant moins que l’affaire n’est pas réglée, que l’acte de décès du TCE n’a pas été délivré et que nombreux sont ceux en France (de Giscard à Lipietz) et ailleurs (la Commission européenne, la nouvelle chancelière d’Allemagne et bien d’autres chefs d’Etat et de gouvernement) qui entendent « ne pas renoncer à la Constitution ».
Voici donc réunis Pascal Lamy et Jean-Luc Mélenchon, Dominique Strauss Kahn et Henri Emmanuelli, Daniel Vaillant et Vincent Peillon, Ségolène Royal et Marie-Noëlle Lieneman !
Voici donc réunis les gardiens de l’ordre toujours prêts à limiter les libertés fondamentales et ceux qui s’en prétendaient les protecteurs.
L’ovation faite à Romano Prodi par un congrès enthousiaste, la bousculade des dirigeants pour se faire photographier à ses côtés en disent long sur la réalité du PS. Si on peut comprendre que toute la gauche radicale italienne se soit ralliée, sans illusion sur les perspectives antilibérales, au seul candidat susceptible de mettre fin à l’omniprésence berlusconienne, rien ne justifie un tel soutien en France. Romano Prodi, c’est le plus haut responsable de la stratégie de Lisbonne, de la proposition Bolkestein, de la levée du moratoire sur les OGM, du mandat ultralibéral pour négocier à l’OMC, d’un élargissement de l’UE qui renonce à toute forme d’harmonisation et organise la compétition entre les Européennes et les Européens. Prodi qui s’est réjoui du coup d’Etat contre Chavez avant d’apprendre qu’il avait échoué. Prodi qui était d’accord pour livrer à la CIA les informations confidentielles sur les citoyens européens se rendant aux USA. Prodi, qui fut pendant dix ans membre du bureau exécutif du groupe de Bildeberg, incarne à la perfection le néolibéralisme que les socialistes du « non » avaient déclaré vouloir combattre.
Nous avons le sentiment d’être lâchés. Nous avons l’impression qu’une fois de plus, nous avons eu tord de faire confiance à des socialistes.
Force est donc, Cher Camarade, d’acter que nos chemins désormais divergent.
Pour nous, à la gauche du PS, il faut maintenant tirer les conséquences de ce qui vient de se passer. Car le refus de la clarification entre responsables du PS est une clarification en soi. Il serait irresponsable d’entretenir l’illusion qu’une alternative au néolibéralisme soit possible avec une Aubry, une Royale, un Hollande, un Kouchner, un Lang ou un Strauss-Kahn et leurs nouveaux associés.
Il nous revient d’agir pour que notre « non » et tout ce dont il est porteur ne soit pas dissout dans les rivalités entre partis, syndicats ou associations. Il nous faut exiger l’unité à la gauche du PS. Cette unité que nous avons faite à la base, entre sympathisants et militants, mais aussi entre femmes et hommes sans attaches à un parti. Cette unité, qui a vu des militantes et des militants surmonter les divisions du siècle passé, qui a vu des citoyennes et des citoyens maîtriser les inquiétudes que peut susciter parfois le comportement des partis, qui a vu la fraternité en action pour que triomphe une cause juste, cette unité n’appartient à personne, à aucun parti, à aucun syndicat, à aucune association en particulier. Elle appartient à tous. Elle est notre bien commun. Elle est notre force.
A nous de nous en servir pour qu’émerge un mouvement antilibéral unitaire capable de traduire, dans les luttes comme dans les urnes, notre capacité à imposer l’alternance.
Raoul-Marc Jennar, chercheur auprès
de l’Unité de Recherche, de Formation et d’Information sur la Globalisation
(URFIG www.urfig.org), militant de gauche, signataire de
« l’Appel des 200 ».
27 novembre 2005
Télécharger le texte de la motion de synthèse
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http://www.alternativesocialiste.net/bulkmail/news/view/110
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26 novembre 2005
" Aprés le "non" quelle Europe ? Pessac
L'Europe en débat au Festival du film d'histoiire de Pessac
Dans le cadre du festival international du film d'histoire,
dimanche 27
novembre à 16h,
sous le chapiteau des débats
place de la République à
Pessac .
Susan GEORGE , vice-présidente d'ATTAC participera à un débat
" Aprés
le "non" quelle Europe ?
Entrée gratuite "
Annonce de maurice VILMONT
Communiqué : Gérard Filoche, samedi 26 novembre
Communiqué : Gérard Filoche, samedi 26 novembre
HIER vendredi soir, 25 novembre, à l’assemblée nationale, la partie
des membres du Conseil national élus sur la liste de la motion 5 qui
étaient présents, ont exclu du bureau national les sortants qui n’avaient pas approuvé la prétendue “synthèse” du Mans :
Marc Dolez, Gérard Filoche, Christian Paul, Thierry Mandon, Françoise
Mesnard et il a été rappelé aux présents (Marc Dolez, Gérard Filoche,
Eric Thouzeau, Catherine Touchefeu...) qu’ils avaient quelques jours
pour choisir mais que le courant ne pouvait pas en tolérer davantage.
Nous étions venus, notamment Marc Dolez et moi pour expliquer notre
position et interroger sur ce que pouvait être l’avenir de la gauche de
ce parti, de “Nouveau parti socialiste –Alternative socialiste”.
Pour toute réponse nous avons reçu des explications embarrassées, et
inventées a posteriori pour justifier cette synthèse qui n’était et ne
reste donc à nos yeux qu’un arrangement de façade.
On nous a dit que tous nos amendements avaient été intégrés : ce
n’est pas vrai, et nous le démontrerons en détail prochainement sur le
fond. Nous n’avons reçu l’ultime version des amendements que le 25
novembre au matin, 5 jours après le congrès. Vous recevrez bientôt une critique politique sérieuse et argumentée de cette dernière et officielle version
du texte aussi bien sur les questions de l’Europe, des institutions, de
la rénovation du parti que sur les très importantes questions sociales.
Les divergences qui restent sont majeures, en dépit des ré écritures
“Canada dry” qui ont été effectuées y compris après le vote du congrès
jusqu’à jeudi soir.
On nous a expliqué que la nécessité de faire synthèse découlait
de la volonté de battre la droite en 2007 : jamais cet argument n’avait
été invoqué avant le congrès. Jamais la perspective de la synthèse
n’avait été débattue et encore moins admise en direction de Nps-As
avant le congrès. Même dans l’AG de motion 5 au congrès, 80 % des
délégués et militants présents y étaient hostiles, Cette synthèse a
donc été imposée dans la nuit, au forcing. Et si l’argument c’est “pour
ne pas faire l’impasse sur 2007” , il est sorti a posteriori, car c’est
cette volonté qui nous motivait tous ensemble pour peser afin d’ancrer
à gauche ce parti, et le mauvais compromis passé ne le permet pas.
Gagner en 2007, battre la droite est possible, on le peut, on le doit,
mais pour cela nous avons besoin d’un programme alternatif qui mobilise
et unisse la gauche, la base de cette synthèse ne le facilite pas ! Si
nous arrivons à unifier les socialistes et la gauche pour battre la
droite, ce sera, non pas à cause mais en dépit de cette synthèse !
On nous a également dit : “ - c’est pour que les socialistes qui
ont voté pour le “non” le 29 mai retrouvent leur place à Solférino”.
Ah, ça non ! Ce n’est pas vrai non plus : et Marc Dolez et moi qui
avons mené campagne sommes justement sanctionnés pour avoir fait
campagne, en dépit de notre représentativité, de notre travail et de
notre engagement constant.
C’était une expulsion claire et simple de Nps-As. De même que la
décision de faire “synthèse” n’avait pas été démocratique et qu’elle
avait été imposée aux forceps, de même la logique suivante est
d’exclure ceux qui ne l’approuvent pas... Triste fin pour un courant que de rompre à la fois avec ses bases, son orientation et la majorité de ses militants. La
conséquence de la synthèse, c’est l’expulsion des militants de gauche
qui ne courbent pas l’échine devant elle : s’il y avait un doute
encore pour des camarades, les faits sont là, la cause est entendue,
Nps est mort.
Nous estimons, d’après les mels, téléphones et contacts dans toutes
les régions depuis une semaine, que 20 000 au moins des 25 000
militants qui ont voté Nps-As le 9 novembre sont choqués et ne se
reconnaissent pas dans ce qui s’est passé : nous voulons retrouver ces militants.
La synthèse n’a pas clarifié entre “socialisme d’accompagnement du
libéralisme” et “socialisme de transformation sociale”, elle n’a pas
tranché au fond sur l’Europe, ni sur les institutions ni sur les
questions sociales, encore moins sur la rénovation du parti.
Nous nous adressons à cette majorité écrasante de ces militants qui ont
été choqués et ne sentent pas bien du tout avec cette “synthèse” a
minima : le combat que nous avons engagé est bien plus exigeant, et nous appelons donc à le poursuivre.
Nous avons pris tous les contacts avec les
amis d’Arnaud Montebourg, Thierry Mandon, Christian Paul et nous nous
sommes rejoints samedi soir, dans le V° arrondissement après leur
réunion au Sénat et après notre “vidage” de Nps-A, nous avons dressé un
début de calendrier pour travailler en commun et nous le finaliserons
en cours de semaine.
Nous appelons tous nos amis à une première réunion de réflexion le
samedi 17 décembre de 10 h à 17 h (salle à l’assemblée nationale).
Nous avons convenu d’appeler prochainement a une grande initiative
nationale car nous pensons pouvoir retrouver l’immense majorité du
courant ex-Nps, motion 5, dans un combat qui n’aurait pas du passer par
ce détour, qui aurait du se poursuivre avec vigueur, sans cette
mauvaise synthèse. Les ambitions de notre motion étaient plus grandes,
la dynamique de notre bataille pour tirer le bilan du 21 avril 2002 et
du 29 mai 2005 était plus forte.
Gérard Filoche
Montebourg et ses partisans quittent le Nouveau PS
NOUVELOBS.COM | 26.11.05 | 11:22
Le co-fondateur du Nouveau Parti socialiste refuse la synthèse de son courant avec les autres au congrès du Mans.
Arnaud Montebourg n'accepte pas la synthèse. Le co-fondateur du Nouveau
Parti socialiste (NPS) a décidé, avec ses amis, de quitter ce courant,
par suite d'un désaccord sur l'opportunité de faire une synthèse entre
les courants au congrès du Mans, a annoncé samedi 26 novembre le député
Christian Paul.
La décision a été prise au terme d'une réunion nationale d'environ 70
partisans du député de Saône-et-Loire, vendredi soir, a précisé
l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer.
Pendant ce temps, les autres cadres du NPS étaient réunis séparément
autour des trois autres chefs de file du courant, Vincent Peillon,
Henri Emmanuelli et Benoît Hamon.
Rabais
"Depuis le petit matin blême du Mans", lorsqu'est intervenue une
synthèse entre les motions des courant Hollande, Fabius et NPS,
"personne ne peut plus considérer que le NPS peut sérieusement
continuer", a déclaré Christian Paul à quelques journalistes.
Selon lui, "l'honneur commande de fermer la porte du NPS. Exit le NPS".
"Ce n'est pas une scission, mais il y a un acte de décès qui s'est
produit dans la nuit de samedi à dimanche au Mans", a-t-il dit.
Christian Paul a estimé que "les militants voulaient une synthèse exigeante, pas une synthèse au rabais".
TF1.fr - PS : une commission de tous les présidentiables.
Le premier secrétaire du PS a indiqué samedi matin qu'Henri Emmanuelli
serait chargé de finaliser le projet pour la présidentielle de 2007.
Une "commission du projet avec les présidentiables" du parti sera
aussi mise sur pied, en plus du secrétariat national, dont la
composition est attendue aujourd'hui
Après la synthèse le week-end dernier, le parti socialiste établissait
samedi à La Défense son état-major en vue de la présidentielle de 2007.
François Hollande, reconduit jeudi à la tête du parti avec près de 77%
des voix, a annoncé devant le Conseil national la création d'une
"commission du projet du parti pour 2007", dont il se réservera la
présidence. Mais c'est à Henri Emmanuelli, figure du "non" au
référendum, que le premier secrétaire du PS a confié "le soin de
préparer des états généraux". Ainsi, en plus d'un secrétariat national
d'une quarantaine de personnes, le parti se dotera d'une "commission du
projet" de 12 membres. De quoi être "le reflet de ce que nous sommes",
a précisé François Hollande.
Compte tenu des résultats des différents courants lors du vote des
militants le 9 novembre, la commission comptera six membres issus de la
majorité "hollandaise", trois Fabiusiens et trois membres du Nouveau
parti socialiste (NPS). On y retrouve la plupart des présidentiables du
PS. Ainsi, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Jack Lang, Ségolène
Royal, Elisabeth Guigou, Bertrand Delanoë, "plus François Rebsamen"
représenteront le courant majoritaire. Laurent Fabius, Claude Bartolone
et Jean-Luc Mélenchon y siègeront de même, qu'au nom du NPS, Vincent
Peillon et Benoît Hamon en plus d'Henri Emmanuelli, selon le premier
secrétaire.
Samedi matin, François Hollande avait annoncé que l'adoption du projet
présidentiel devrait avoir lieu "sans doute" en mai 2006, et non en
mars comme prévu initialement. Cette décision coïncidera donc avec la
désignation des candidats du PS pour les prochaines législatives, en
2007. Le candidat à la présidentielle doit être désigné en novembre
2006, selon le calendrier validé le week-end dernier lors du congrès du
Mans.
Montebourg quitte le NPS
La nouveau secrétariat national, annoncé samedi par le premier
secrétaire François Hollande, intègre tous les courants du parti et
tous les présidentiables, à l'exception de Laurent Fabius qui n'était
pas candidat. Dominique Strauss-Kahn prend en charge le secteur des
élus, Jack Lang le développement du parti, Martine Aubry les affaires
sociales. François Rebsamen, bras droit de François Hollande, pourrait
laisser "les fédérations" -poste très prisés - à Kader Arif,
jusqu'alors secrétaire national à la mondialisation.
Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, devrait retrouver le
poste de secrétaire national à la Communication qu'il occupait avant de
se faire évincer pendant la campagne référendaire. Le porte-parole du
NPS et député européen Benoît Hamon deviendrait secrétaire national aux
affaires européennes, a assuré Vincent Peillon, responsable du NPS,
qui, selon François Hollande "n'a pas voulu" entrer lui-même dans
l'exécutif. Le NPS pourrait obtenir sept postes.
Hostiles à la synthèse du Mans, faute d'avancée vers la VIe République,
l'autre figure de proue du NPS, Arnaud Montebourg, et ses partisans ont
décidé la dissidence vendredi dans la soirée.
François Hollande a nommé son "gouvernement" ce matin.
Il a intégré la plupart des "présidentiables" dans une commission en charge du projet pour 2007.
NOUVELOBS.COM (AP) | 26.11.05 | 11:42
A la suite au congrès du Mans du week-end dernier, François Hollande a
décidé de constituer une nouvelle direction d'une "quarantaine" de
membres, ainsi qu'une commission d'une "dizaine" de membres pilotée par
Henri Emmanuelli pour boucler le projet du PS pour les élections de
2007, a-t-il annoncé samedi 26 novembre.
Pour constituer son secrétariat national ("gouvernement" du PS),
François Hollande avait deux contraintes: remercier les fidèles qui ont
soutenu sa motion et ouvrir la porte aux "fabiusiens" et au "Nouveau
PS" qui l'ont rallié. Au terme des pourparlers qui se sont tenus cette
semaine, la nouvelle direction devrait donc compter une "quarantaine"
de membres, a annoncé le Premier secrétaire samedi.
"Tout le monde aura sa place", "on va se retrouver dans la direction
avec un esprit de partage, de responsabilité", a-t-il déclaré à
quelques journalistes à son arrivée à l'Espace Grande Arche de La
Défense, près de Paris, où se tient le conseil national du PS. "Il y a
de la place pour tout le monde".
Bartolone et Hamon
Concrètement, la direction du parti, le secrétariat national, sera
composée d'une quarantaine de membres. Laurent Fabius n'a pas souhaité
réintégrer cette instance, dont il avait été évincé en juin, mais son
fidèle Claude Bartolone récupère le poste de secrétaire national à la
communication. Au "NPS", Vincent Peillon et Henri Emmanuelli ne sont
pas non plus sur la liste du "gouvernement" du PS, contrairement à
Benoît Hamon, porte-parole du "NPS". Vincent Peillon "n'a pas voulu", a
expliqué François Hollande.
Côté "hollandais", Martine Aubry reprend les questions sociales.
Grand promu, Kader Arif, actuel premier fédéral de Haute-Garonne et
secrétaire national à la mondialisation, est propulsé au rôle de
secrétaire national aux fédérations. Un poste jusqu'alors occupé par
François Rebsamen, maire de Dijon et N2 sortant du PS.
A côté de la direction, François Hollande a décidé de constituer une
commission du projet pluraliste d'une dizaine de membres, qui sera
placée sous la responsabilité d'Henri Emmanuelli ("NPS"). Côté
"hollandais", cette commission sera composée de François Hollande,
Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et de l'ancienne "troïka" Martine
Aubry-Dominique Strauss-Kahn-Jack Lang. Coté minoritaires, outre Henri
Emmanuelli, elle accueillera Laurent Fabius, Claude Bartolone et
Vincent Peillon. La plupart des "présidentiables" en feront donc
partie.
En mai 2006 et non en mars
Enfin, le patron du PS a annoncé que le projet du PS sera "sans doute"
bouclé en mai 2006, et non en mars comme initialement prévu, afin de le
faire coïncider avec la désignation des candidats du parti pour les
législatives de 2007. François Hollande a précisé que la commission du
projet constituée samedi serait simplement chargée de rédiger un texte
"plus ramassé", car les "grandes orientations" figurent déjà dans le
texte commun issu du congrès du Mans.
"Le projet est quasiment fait. Il faut le hiérarchiser, le compléter,
le préciser, l'évaluer et organiser un débat, une consultation et ça ce
sera Henri Emmanuelli qui en aura la charge", a conclu François
Hollande. (AP)
25 novembre 2005
MOTION DE SYNTHESE, NPS
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Discours prononcé au congrès du Mans : Jean-Luc Mélenchon
http://www.jean-luc-melenchon.fr
Jean-Luc Mélenchon : Merci ! (Mouvements…) C’est bon, on s’est
compris ! Quoi qu’il nous en coûte, je crois qu’il faut nous donner tout
le temps une chance de se comprendre. Pour ma part, je m’en ferai un devoir.
C’est mon treizième congrès socialiste mais je n’ai pas l’impression que ce soit le plus
facile. Quand je suis arrivé, je ne savais pas sur quel ton j’entrerai dans ce
congrès. Bien sur, on nous demande dès qu’on arrive : « Alors la
synthèse…, vous la faites ou pas » Il faut le temps si ça doit se faire,
non ? Un congrès, c’est à cuisson douce. Mais que dois-je faire cette fois-ci ?
J’ai vu comme tout le monde
la délégation qui était devant la porte, et j’ai fait comme la plupart d’entre
vous qui ne sommes pas d’ici : je suis allé toucher les mains et discuter
un peu pour comprendre. Alors on s’est parlé. Et puis, je m’avance vers un gars
de la CGT, il a mon âge. Je me dis : on va se comprendre. Je le regarde
dans les yeux et je lui dis : « Alors qu’est-ce que je dois faire ici ? »
Parce que je sais très bien en arrivant, que si on s’entend ici, on va
dire : « Alors, tout ça pour ça ! ». Et si on sort et qu’on
ne s’est pas entendu : « Décidément, vous ne comprenez rien ! » Qu’est-ce qu’il faut faire ?
Et le gars me dit : « Sortez-nous quelque chose de là-dedans, sinon
on est marrons ! » J’ai ma
feuille de route, je ne barguigne* pas, j’ai compris.
L’ETAT D’URGENCE POLITIQUE
Car je sens d’instinct
quelque chose dont je ne trouve pas toujours les mots. Quelque chose que dans
notre texte nous avons appelé l’état d’urgence avant que cela devienne
l’appellation d’une loi que vous connaissez. Ce quelque chose nous fait sentir
que notre vieux et tumultueux pays est entré de nouveau dans une de ces ères de
grandes turbulences qui sont les refrains de notre histoire.
Je
parle de cet Etat d’urgence, celui que, par une phrase d’un français exécrable
dont je suis le responsable, notre texte décrit comme étant celui où « tous
les curseurs de crise entrent en zone rouge. ». C’est bien davantage que la
loi de Sarkozy.
Cette
loi d’urgence de Sarkozy, c’est d’abord une loi d’aubaine. Avons-nous besoin
d’une seule preuve à ce sujet ? Alors, qu’on nous dise ce que vient faire
comme réponse aux émeutes urbaines l’abaissement de l’apprentissage à 14 ans.
Quel rapport ? Cela aggravera les choses ! Je crois que depuis cette
tribune, je parle en notre nom à tous, quand je dis : si nous revenons,
nous abolirons cette décision inique. En France, l’âge de la scolarité
obligatoire, c’est 16 ans pour tous les jeunes et pas seulement pour certains.
Cette loi c’est une loi de provocation. Moi, quand on me parle d’une loi de
1955, j’ai l’âge qui me permet de faire des comparaisons, et cela me permet de
savoir que les lois d’exception, les lois d’urgence n’ont jamais rien réglé, nulle
part ! C’est l’égoïsme social, c’est l’ethnicisation des conflits qui
empêchent qu’on puisse vivre ensemble.
La droite a rompu toutes les
digues idéologiques, c’est pourquoi aussi la situation est si grave. Car, ne nous
y trompons pas, il en reste désormais quelque chose partout. Je ne vise pas
seulement les injures qui ont été prononcées. Si ce n’était que des injures, on
dirait : on voit bien comment à droite ils provoquent et entretiennent le
désordre, pour ensuite apparaître comme ceux qui veulent le réparer. Du
producteur au consommateur, en quelque sorte. Mais nous avons aussi entendu
remettre en cause le Droit du sol à Mayotte, à La Réunion. Et bien, nous nous
accrocherons becs et ongles pour défendre le droit du sol et le droit républicain
à être libre et français, quand on a touché le sol de France. Honte aux
fauteurs de haine qui, à la Réunion, proposent même des tests ADN pour vérifier
la paternité des enfants qui ont été reconnus par des pères étrangers ! Car,voilà
pourtant ce qu’ont osé proposer des élus UMP.
Tenons compte du fait que
cette pression idéologique nous est d’abord destinée. Ils voudraient que nous
reculions. Je l’ai vu l’autre jour au Sénat quand ce Garde des Sceaux nous
disait s’agissant des violences et des incendies–: « On vous connaît
la gauche ! Vous passez vite de la compréhension à
l’approbation ! » Il espérait qu’on vienne aussitôt japper en
cadence, pour dire « Pas nous ! Pas nous ! Réprimez ! Allez-y. »
Parce que nous, bien sûr, on
ne peut pas être d’accord avec les violences,
les voitures, les gymnases qui brûlent. On ne peut pas être d’accord. Qui peut
l’être ? Mais ce qu’ils veulent, c’est que nous taisant sur un point, nous
nous taisions sur tout. Qu’il n’y ai plus de parti pour porter la voix des
humiliés et des discriminés. Et bien même face à la pire des violences, celle
qui peut nous choquer le plus, souvenons-nous du message de Jean Jaurès,
« la cruauté des rebelles est comme une marque des vieilles servitudes
qu’ils ont endurées. » Souvenons-nous Gracus Baboeuf qui, le premier avait
compris que pour que la République s’accomplisse, il fallait qu’elle soit le
socialisme : « Les insurgés sont éduqués à la cruauté par leurs
maîtres ». Ce qu’ils veulent, en fait, à droite, c’est criminaliser toute action
populaire. Pour cela, bien sûr, ils prennent par le bout qui leur semble le mieux
faciliter la démonstration.
C’est pourquoi je crois aussi
là parler en notre nom à tous, en disant à José Bové : « ami, il y a
ici beaucoup de gens qui ne t’approuvent pas, et il y en a d’autres qui
t’approuvent. Mais tu n’as pas à craindre de m’avoir appelé pour que la
question soit posée au congrès du Parti. Il n’y a pas un socialiste qui soit
d’accord pour que tu ailles en prison parce que tu as défendu par ton action
syndicale ce que tu crois juste. »
Enfin, ce qui est pire que
tout dans ce contexte, c’est de les voir se dandiner avec le mot République.
Ils rétablissent l’ordre, et ils rajoutent « Républicain ». On ne
parle de République que dans le bruit des mousquetons et le vacarme des
escadrons. Mais enfin ! L’ordre républicain est incompatible avec le
désordre libéral ! La République est l’extension du champ de l’égalité. Si
vous voulez rétablir l’ordre républicain, détruisez le désordre libéral.
S’il
y a eu quelque chose de républicain pendant ces heures si dures dans ces
banlieues dans lesquelles tant d’entre nous sont élus, où tant d’entre nous
militent, s’il y a quelqu’un qu’il faut saluer, ce n’est pas seulement les
pompiers, les policiers, les éducateurs, bien sûr qu’ils le méritent, les élus,
cela va de soi, c’est le peuple lui-même qui est descendu dans ses rues et qui
a refusé la guerre ethnique, la guerre raciale, la guerre religieuse à laquelle
on le poussait. La ferveur républicaine du peuple français a été attestée par
la façon dont, en définitive, la situation a tourné.
DE L’UNION DES GAUCHES A L’UNION POPULAIRE
Ce peuple, c’est notre point
d’appui. J’en viens donc facilement à
l’idée suivante : face à l’état d’urgence, plus que jamais, il est
nécessaire que se construise une union des gauches. Naturellement, je parle de
cette union politique entre des partis politiques. Nous en connaissons l’importance et je crois que nous
la voulons tous. Elle doit être sans exclusive . Cela pour une
raison : personne à gauche ne doit
être émancipé d’avoir à répondre à la question de savoir ce qu’il fait des voix
qu’il sollicite dans le peuple ; Les stérilise-t-il pour constater
seulement l’accroissement de l’audience
de telle ou telle théorie ? Ou bien pousse-t-il à ce qu’elle vienne
s’adjoindre pour mener le grand combat de la gauche, pour changer la vie,
c’est-à-dire pour gouverner ? Cette question, il faut la poser à tout le
monde, y compris à l’extrême gauche.
L’union politique est une
condition du combat social lui-même. Sans l’union, qui vient en quelque sorte
tresser ensemble les fils des actions sociales, l’énergie se disperse, elle est
perdue. Mais l’union aussi nous éduque, nous rééduque, nous transforme mutuellement.
Mais ce n’est pas tout. L’union dont je parle doit nous permettre d’inventer
quelque chose qui permette de faire venir du terrain la transformation sociale.
On n’a pas assez mesuré ce que cela nous a coûté, en dépit de nos efforts, de
ne pas avoir ce mouvement d’allers et retours entre l’action gouvernementale et
l’action populaire. Le moment est donc venu d’imaginer cette nouvelle union
populaire qui implique le peuple lui-même. Il en a montré l’extraordinaire
capacité, dans son investissement intellectuel dans la compréhension et la
discussion du traité constitutionnel, puis ensuite dans la manière magnifique
avec laquelle il a protégé ses enfants dans les banlieues, pendant qu’il était
provoqué de toutes les façons possibles par la droite. Il faut une nouvelle union
populaire qui vienne du peuple, qui parle au peuple, qui éduque le peuple et
qui permette au peuple d’éduquer ceux qui le gouvernent, c’est-à-dire qu’il
faut gouverner autrement.
NOUVELLE DONNE POUR LA CONSTITUTION EUROPEENNE
Enfin, je viens à la dernière
question, celle qui a posé le plus de problèmes entre nous. J’ai écouté tout ce
qui s’est dit à ce sujet à cette tribune. Je crois pouvoir dire que sur la
question de la Constitution européenne, nous avons dorénavant les moyens de
dépasser ce qui nous a opposé. Pour la raison suivante : plus personne ne
nie que cette question sera posée à celui ou à celle qui aura à gouverner notre
pays, à le présider au lendemain de 2007. Et j’ai entendu dire à la tribune
que, tous, nous serions naturellement prêts à porter la phrase qui compte. Non
pas par ce qu’elle nous réconcilie entre nous-mêmes, cela est toujours possible
dans une famille, mais parce qu’elle nous réconcilie avec toute la gauche. La
phrase qui compte, c’est celle qui dit : « si le Président ou la
Présidente de la République vient de nos rangs, alors la France ne signera pas
la Constitution européenne ».
Si vous le voulez, si vous
l’acceptez, alors je me dis content, et je proclame: on peut tourner la page.
Naturellement, cela a d’immenses conséquences et au moins une à laquelle que
demande que réfléchisse chacun de ceux et de celles qui auraient le cas échéant
à porter nos destins. Si nous ne signons pas, alors il faut faire ce qui est
nécessaire, dès maintenant, avec nos camarades du Parti socialiste européen,
pour que le processus de ratification s’interrompe, et qu’un nouveau processus
constituant soit engagé. Sur ce nouveau processus constituant, nous pouvons
nous retrouver. Il parle au peuple. Tout le monde comprend. Et nous sortons
tous par le haut de cette affaire. Nous avons des alliés. Déjà parmi les Verts,
cette proposition a été adoptée. Je sais qu’elle fait débat parmi les
communistes. Non, nous ne sommes pas isolés.
Cette fois-ci, je finis.
Camarades, avec beaucoup d’autres, je crois que les vertus républicaines et
socialistes du peuple français ne peuvent s’épanouir sans qu’elles soient
encouragées par nos appels et notre pratique, mais plus encore par le fait
qu’elles confient à leur patrie républicaine, un horizon commun. La
construction européenne, l’émergence d’une grande nation fédérale mise dans la
main de chacun et à portée du bulletin de vote de chacun à égalité est cet
horizon de dépassement. Il est conforme à l’universalisme républicain des
Français. Il reste notre cause.
Voilà. L’histoire hésite. Je ne sais pas si j’ai trouvé les mots pour essayer d’en convaincre. Je sens qu’elle vacille. Je suis sûr d’une chose, avec de la volonté, on arrive a percer un passage. De toute façon, vous avez dans vos rangs le nombre de rebelles disponibles pour le faire.
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