23 février 2007
LE CAPITAL COUTE CHER
Non, monsieur Sarkozy, ce n’est pas le travail mais le capital qui coûte cher !
Sarkozy ne cesse de déclarer que le « coût du travail plus élevé en
France que dans les autres pays européens » serait responsable du
chômage.
On
pourrait tout d’abord, s’étonner que Sarkozy considère le chômage comme
un problème : les gouvernements auxquels ils participent - avec grand
tapage - depuis presque cinq ans, n’ont cessé, en effet, de renforcer
le chômage en allongeant la durée du travail, en faisant stagner les
salaires, en ne remplaçant qu’au compte gouttes les fonctionnaires
partant à la retraite, en allongeant la durée de cotisations pour
pouvoir obtenir une retraite à taux plein…
Les mesures qu’il propose aujourd’hui vont toujours dans le même sens :
rendre les heures supplémentaires moins onéreuses que l’embauche, ne
pas remplacer « un fonctionnaire sur deux qui partirait en retraite »…
Pour un homme de droite, partisan de l’ultra-libéralisme, c’est tout à
fait compréhensible : rien ne vaut, en effet, la peur du chômage pour
imposer silence sur les salaires ou les conditions de travail.
Mais surtout l’affirmation de Sarkozy est radicalement fausse.
Les salaires bruts français (salaires nets + cotisations sociales
salariales et patronales) ne sont pas plus élevés que les salaires de
la majorité des pays européens
C’est ce qu’affirme elle-même la
Fédération des employeurs européens (Fedee). Le salaire brut médian
français (50 % des salariés français gagne plus, 50 % gagne moins)
arrive en 14ème position (sur 25) des salaires européens, loin derrière
le Danemark ou la Suisse mais aussi derrière l’Allemagne, les Pays-bas,
l’Italie, le Royaume-uni, la Suède ou la Belgique.
C’est pourtant avec ces pays que la France a les ¾ de ses échanges.
La fiscalité des entreprises françaises n’est pas plus élevée que celle des principaux pays européens
Selon la Droite et le Medef, le taux français de l’Impôt sur les
Sociétés (33,3 %) est supérieur de 9 points à la moyenne européenne qui
est de 24 %. Il faudrait le ramener à 20 % pour être compétitif !
Cela revient, au passage, à passer sous silence que la plupart des PME ne connaissent qu’un taux de 15 %
Cela ramènerait, surtout, le taux français au niveau des taux polonais ou slovaque (19 %) accusés de « dumping fiscal ».
Mais surtout, le taux n’a aucune signification si on ne sait pas à quelle assiette, à quelle base d’imposition il s’applique.
Si l’on ramène le taux d’imposition de
l’IS au bénéfice brut des entreprises (Excédent Brut d’Exploitation) :
le taux effectif de prélèvement (7,2 %) situe la France au 15ème rang
européen sur 25. Loin derrière les pays nordiques (11,3 % pour la
Suède) mais aussi derrière le Royaume-Uni (10 %), les Pays-bas (9,1 %)
et même l’Irlande (7,7 %).
Comme quoi les jérémiades du Medef et de
la droite cachent une réalité scandaleusement favorable aux grandes
entreprises françaises.
(les entreprises ont reçu en 2006, 65 milliards d’euros d’aides sous
formes d’exonérations de cotisations sociales, ce qui est une baisse
des salaires bruts)
Si la droite abaissait l’IS comme elle le
prévoit, le taux de prélèvement effectif de l’IS français serait ramené
à 4,3 %. Cela mettrait la France au 23è rang européen, tout juste
devant la Lituanie et l’Estonie.
Une guerre fiscale européenne
Les autres pays européens ne se contenteraient pas de lire le
journal : ils abaisseraient eux aussi les impôts des entreprises. La
France aurait déclenchée une guerre fiscale et tous les impôts sur les
sociétés s’aligneraient ver le bas. Les entreprises françaises ne
gagneraient donc strictement rien en termes de compétitivité. Par
contre, les recettes fiscales de l’Etat
français seraient amputées de 20 milliards d’euro annuels si le projet
de la droite venait malheureusement à être appliqué.
Cette baisse de 20 milliards donnerait à Sarkozy (si par malheur il
l’emportait) et au Medef un nouveau prétexte pour attaquer les dépenses
sociales et le service public, au nom d’un déficit qu’elle aurait
elle-même accentué de 20 milliards d’euros chaque année.
Les salaires et les impôts ne sont pas les seuls coûts des entreprises : il y a aussi les coûts du capital !
Ce qui coûte de plus en plus cher aux entreprises et que Sarkozy et
le Medef passent totalement sous silence, ce sont les dividendes versés
aux actionnaires des grandes entreprises.
Pour les PME, ce sont les frais bancaires
et les délais de paiement de plus en plus longs imposés par les grandes
entreprises donneuses d’ordre à leurs sous-traitants.
Entre 1983 et aujourd’hui, la part des profits dans le partage des
richesses créées chaque année par les entreprises est passée de 31 à 41
%, alors que celle des salaires diminuait de 69 % à 59 % de la richesse
créée chaque année.
Ce qui représente une perte pour les salaires d’environ 150 milliards
d’euros annuels : 15 fois le déficit de l’assurance-maladie !
La seule évolution des dividendes est
faramineuse : + 218 % entre 1993 et 2005. Par comparaison, la masse des
salaires distribuée n’a augmenté que de 135 % sur la même période.
Les
entreprises et l’emploi sont de plus en plus « pénalisés non par le «
coût du travail » mais par le poids exorbitant des « charges
financières ».
Les
grandes entreprises donneuses d’ordre siphonnent les profits des PME
sous-traitantes en baissant les prix, raccourcissant les délais de
livraison et allongeant les délais de paiement.
La plus grande partie des profits des grandes entreprises n’est pas
investie de façon productive mais placée de façon spéculative sur les
marchés financiers, en premier lieu les marchés financiers des
Etats-Unis. Ce qui contribue à renforcer la suprématie technologique et
financière de l’économie américaine et les déséquilibres de l’économie
mondiale.
Jean-Jacques Chavigné vendredi 23 février
Site : www.democratie-socialisme.org <http://www.democratie-socialisme.org>
22 février 2007
AVOIR PEUR
Après 23 sondages favorables à Sarkozy, la France commençait à avoir peur : à juste raison !
un nouveau sondage indique une volonté de faire barrage à celui qui incendierait nos droits sociaux au karcher
Un premier nouveau sondage vient de redonner Ségolène Royal en tête au premier tour, et un score très serré au second. Il est trop tôt pour conclure quoi que ce soit : mais une chose est certaine, plus
il apparaissait que Sarkozy pouvait gagner, plus il parlait, plus la
peur grandissait parmi les salariés, le peuple travailleur de France.
Il y a en effet de quoi craindre la « menace Sarkozy » : il passerait
nos droits sociaux au Karcher, et prendrait tout gréviste pour une
racaille… Les sans-papiers seraient pourchassés davantage, et les immigrés accusés de « tuer les moutons dans leur appartement »…
C’est pourquoi il est sain que Ségolène Royal ait obtenu un million
de téléspectateurs de plus que lui sur TF1 lundi 19 février au soir.
Il est bon que son meeting à Rennes ait été un grand succès mardi 20
février au soir. Il est heureux qu’un sondage lui donne 29 % des voix
au premier tour, un point devant Sarkozy.
Il faut que Ségolène Royal soit la mieux placée possible au premier tour pour passer la barrer des 50 % au deuxième tour.
Cela ne dépend pas d’une émission de télévision comme
essaient déjà de le dire les commentateurs de droite, mais d’un
ensemble : éléments de programmes certes, mais surtout mobilisation
sociale en profondeur contre la menace de Sarkozy le sortant, l’agité anti-social au karcher.
Les sondages disent que le total des voix de droite serait de 60 %
et celui de gauche de 40 %, mais c’est trompeur : le total Le
Pen-Sarkozy-Bayrou, c’est le «plein», actuel, exprimé, photographiquement, des voix de droite, en effet.
Mais 40 % : ce n’est pas le plein des voix de gauche : aujourd’hui,
sur les 15 à 17 % potentielles de voix de gauche hors Ps, il y a
énormément de déçus, de passifs, d’inquiets, qui ne se retrouvent dans
aucun des 4 candidats « anti libéraux », Buffet, Bové, Besancenot,
Laguillier. Même si ce n’est pas un concours de « nains de jardin »
comme l’a ironiquement dit Olivier Besancenot, chacun sent qu’il y a
division, inefficacité, et risque, sans grand enjeu direct pour le
second tour. Cela se traduit sûrement par des « creux » dans les
réponses aux sondages. 79 % des français estimaient que l’élection
n’était pas jouée en dépit des sondages pro Sarkozy. Une majorité
hésitait encore ou ne se prononçait pas.
Les réserves de voix sont à gauche.
Et Ségolène Royal est maltraitée (comme prévisible) par les médias
qui tentent de la discréditer avec le contraire des arguments qu’ils
ont auparavant utilisé pour la promouvoir au sein du Ps.
Pas un jour sans attaque contre son « équipe », contre « sa
campagne enlisée », contre ses « ratés », contre son » chiffrage »,
etc… alors qu’ils passent tout à Sarkozy dont le “chiffrage” a «
explosé en vol » de façon inouïe, ses propres amis ayant annulé
l’essentiel des promesses qu’il faisait sur les baisses de prélèvement
obligatoire, sur le bouclier fiscal, sur l’allocation premier enfant,
sur les baisses d’impôt, ils taisent ses variations, silences et
mensonges sur le Cne, le Code du travail, etc…
Par contre, nous le savons aussi, si les grands médias, à 90 % sont
pour Sarkozy, cela ne suffira pas, car on a pu voir que le « non » du
29 mai 2005 l’avait emporté en dépit de 90 % des grands médias qui
étaient pour le « oui »…
Et ce qui va compter c’est la prise de conscience progressive de l’immense masse de la population du « risque » que fait courir Sarkozy le sortant, l’agité au karcher.
Une fois cassé le décorum médiatique puissant qu’il a essayé
d’installer avec ses caméras et images privées, sa « machine » Ump, du
15 janvier au 15 février, le débat de fond va s’installer et on va
voir, à nu, ce qu’il propose comme une « horreur sociale » pour l’avenir.
En dépit
de la prévention (justifiée à nos yeux) d’une large partie de la gauche
non-socialiste (et socialiste !) contre certains aspects des discours
et du ton général de la candidate, peu à peu le principe de réalité va s’imposer : c’est elle ou lui.
Si plus de 10 % d’électeurs se sont inscrits, fait exceptionnel,
avant fin décembre 2006, sur les listes électorales, c’est pour faire
barrage à Sarkozy, ils se souviennent de tous les mouvements
sociaux de 2003 à 2006 en passant par « l’état d’urgence » et la
répression dans les banlieues en novembre 2005. Les sondages ne
reflètent pas encore ça (embarras, hésitations, mécontentements,
attentismes, divisions, irritations à gauche) mais vont refléter
progressivement cette lame de fond sociale depuis quatre ans.
On le sait, nombre d’électeurs trompés qui votent Le Pen et nombre de
ceux qui ont cru répondre que Bayrou les attirait, devront « atterrir »
et ce, surtout, au second tour.
Bayrou, qui paraît, provisoirement, occuper 14 à 18 %
des réponses aux sondages, est de droite, c’est un « clone » de Sarkozy
qui a voté toutes les lois scélérates de la droite depuis cinq ans et
qui, sur des points essentiels, (retraite, baisse des impôts) est
encore plus anti social. Cela aussi, ça va se voir.
Justement, Sarkozy vient d’en rajouter ce 20 février : une de ses
premières décisions serait de limiter le droit de grève, dit-il !
Pas surprenant, vu ce qu’il ambitionne de faire ensuite, il lui faut
infliger une défaite au mouvement social français comme Thatcher en a
infligé au mouvement syndical britannique.
(En Angleterre, non seulement les salariés doivent voter à bulletins
secrets à 51 %, sinon la grève est illégale, mais ils ne peuvent faire
grève sur des sujets généraux. Une grève « sur les retraites » par
exemple, est illégale, une « grève de solidarité » est illégale, 650
salariés de British Airways ont été licenciés parce qu’ils avaient fait
grève par solidarité avec les salariés grévistes de Servair… ) C’est
le modèle anglo-saxon si cher à Sarkozy : s’il n’annonce pas tout tout
de suite, c’est qu’il essaie de “rôtir les travailleurs à petits feux
sans qu’ils s’en aperçoivent”. Ainsi François Fillon a t il expliqué
que pour la « suppression de toute durée légale du travail, les esprits
n’étaient pas encore mûrs, il faudrait attendre la législature suivante
» ! Ils laissent donc provisoirement la durée légale à 35 h mais
permettent tous les dépassements sans coûts salariaux pour les
employeurs…
Va t il, avec Larcher et Villepin modifier le Code du travail dans un Conseil des ministres en mars ?
Où va t il attendre d’être élu comme il l’espère pour l’imposer à marche forcée sans débat en juillet ?
(les habilitations des ordonnances d’août 2005, reconduites
discrètement, par une loi le 31 décembre 2006, donnent un délai de « 9
mois » pour cela…)
Ils viennent aussi, hier et ce jour, ces mêmes sortants,
Sarkozy-Larcher-Vllepin-Chirac, de se vanter, (mais mal) du bilan du «
Cne » : il apparaît que le Cne n’a créé aucun emploi
supplémentaire avéré en contre-partie de la suppression du droit
fondamental d’avoir un licenciement motivé. Un contrat sur deux est
rompu avant un an et un sur deux l’est par les salariés eux-mêmes qui
refusent le sort que leur font les employeurs – malsains – qui ont
choisi ce type de contrat sans droit … (car oui, un employeur qui
choisit un Cne au lieu d’un Cdd ou d’un Cdi, il faut s’en méfier, ses
motivations sont forcément malsaines pour le salarié !)
Si par malheur Sarkozy gagnait : pour la première fois depuis longtemps, ce serait un « sortant » qui serait reconduit.
Il se vanterait d’avoir déjà mis à mal nos retraites (2003), la Sécu
(2004) d’avoir défendu le « oui » (29 mai 2005) d’avoir voté le Cne,
(2005 et 2006) et d’avoir annoncé pire : extension du Cne, aggravation
de la destruction des retraites, fin des régimes spéciaux, destruction
du code du travail, heures supplémentaires non majorées, Smic bloqué,
droits syndicaux réduits, forfaits de 50 à 100 eur sur les prestations
médicales, suppression des impôts pour les riches, il se déclarerait
légitime pour faire passer sans référendum un « mini traité » de type
Tce, au Parlement. En cinq ans, nous perdrions tous nos acquis sociaux
encore existants depuis 1945.
Quand tout cela va vraiment se savoir (et aussi lorsque Ségolène
Royal développera davantage sur les 35 h, la retraite, l’emploi, le
code du travail, la sécu, les salaires) normalement la gauche devrait
se préparer a la victoire les 22 avril et le 6 mai !
Gérard Filoche, le 21 février 2007
Site : www.democratie-socialisme.org http://www.democratie-socialisme.org
(vous y trouverez les 20 premiers communiqués anti Sarkozy, campagne pour faire gagner la gauche a gauche)
20 février 2007
ENSEMBLE, LE PLUS NOMBREUX POSSIBLE A PERIGUEUX
CGT CFDT FO SNU SUD UNSA
Ministère du Travail Inspection du Travail - des Transports et de l'Agriculture
Procès d’assises du 5 au 9 mars 2007
ENSEMBLE, LE PLUS NOMBREUX POSSIBLE A PERIGUEUX
Témoignons notre soutien aux familles de nos collègues et notre attachement au service public de l’Inspection du Travail
Le 2
septembre 2004, Sylvie TREMOUILLE, contrôleur ITEPSA et Daniel
BUFFIERE, contrôleur de la mutualité sociale agricole, sont assassinés
par un exploitant agricole, alors qu’ils exerçaient leurs missions de
protection des droits des salariés.
C’est une première dans l’histoire de l’Inspection du Travail en
France. Ces meurtres ont profondément marqué tous les agents, et
au-delà tout le monde du travail.
Le procès d’assises est fixé du 5 au 9 mars 2006 à Périgueux, y sera
jugé Claude DUVIAU, sous mandat de dépôt criminel depuis septembre
2004, et mis en examen du chef de homicides volontaires sur personnes
chargées d’une mission publique.
Toutes les organisations syndicales du ministère et toutes les UD
représentées sur le département de la Dordogne se sont constituées
partie civile dans ce procès.
Avec les agents, avec les salariés, elles ont ainsi voulu marquer leur
soutien sans faille aux familles de nos collègues victimes, et leur
attachement à un service public de l’Inspection du Travail garant du
respect d’un droit protecteur pour tous les salariés.
C’est ce qu’elles ont mis en avant lorsqu’elles ont exigé des ministres
concernés (Travail/Transport/Agriculture) que toute facilité soit
accordée aux agents qui le souhaitent de participer au procès d’assises
dès le lundi 05 mars et de fermer les services le même jour, en hommage
aux familles de Sylvie et Daniel.
La présence de nombreux agents à Périgueux, aux côtés des familles des
collègues, dans le calme et la dignité, est la meilleure réponse à
apporter à ceux qui voudraient ne voir dans le double meurtre de
Saussignac, qu'un fait divers dramatique ou, à l'inverse, un dérapage
compréhensible de l'exaspération contre une administration aveugle et
anonyme.
Il n’est pas question pour elles, de se saisir de ce procès, pour une
quelconque récupération politique, ni venant du gouvernement, ni des
ministres, ni d’ailleurs.
Malgré les interpellations multiples et à tous les niveaux des
organisations syndicales, les ministres n’ont pas – pour l’instant –
accordé les autorisations exceptionnelles d'absence aux agents et nous
n’avons aucune garantie qu'une 2ème salle du Palais de Justice sera
effectivement mise à la disposition du public avec un dispositif de
transmission vidéo des débats (dans la salle d'Assises la capacité
d'accueil du public est trop restreinte).
La réponse donnée par les représentants des ministres à l’issue du CTPM
Travail convoqué le 6 février 2007 se limite, à « réserver », compte
tenu des places limitées du Palais de Justice de Périgueux, 25 places
pour nos ministères (Agriculture, Travail/ Transport) dont 2 pour le
travail, 5 pour l’agriculture, pour tous les élus à la CAP des
contrôleurs du travail, et 7 collègues sur les 9 de la « promo » de
Sylvie.
Les organisations
syndicales, persuadées que la légitimité de l’Inspection du Travail est
par nature indissociable de la protection des droits des salariés,
appellent les agents qui le peuvent à être présents à Périgueux dès le
lundi 05 mars.
Elles appellent à un rassemblement, de tous, salariés du département de
Dordogne et leurs organisations syndicales, avec les agents de
l’Inspection du Travail et leurs organisations syndicales, pour marquer
tout à la fois le soutien aux familles de nos collègues et leur
attachement à un service public de l’Inspection du Travail.
Ce
Rassemblement construit en lien avec toutes les UD du département (CGT,
FO, CFDT, UNSA, FSU) aura lieu le mardi 6 mars 2007 après –midi à
Périgueux à 14 H, dans la dignité et le respect des familles de nos
collègues victimes.
Ce rassemblement, sera suivi, pour toutes celles et ceux qui le
peuvent, d’un débat organisé dans les locaux de la bourse du travail de
Périgueux.
Les organisations syndicales – du ministère et du département- assureront une présence permanente tout au long du procès.
Un communiqué de presse de nos organisations syndicales sera diffusé le
2 mars 2007. Il sera suivi d’une conférence de presse appelée dès le
lundi soir à Périgueux.
Paris, le 19 février 2007.
15 février 2007
Le Code du travail ne doit pas être réécrit à marche forcée
Le Code du travail ne doit pas être réécrit à marche forcée
Gérard Larcher vient d’annoncer la promulgation courant mars 2007 d’une ordonnance réécrivant la partie législative du Code du travail. La partie réglementaire suivrait d’ici un an.
Pendant dix mois, voire plus, les utilisateurs du Code devraient
jongler avec une partie législative recodifiée et une partie
réglementaire en l’état !
Pire : nombre de dispositions actuelles disparaîtraient purement et
simplement. On imagine les conséquences concrètes, difficultés
pratiques et l’insécurité juridique qu’entraîneraient cette situation,
tant pour les usagers professionnels du droit du travail que pour les
salariés et les employeurs.
Le processus de recodification
du Code du travail a été engagé en février 2005. Il visait
officiellement à rendre ce Code plus accessible, sans en modifier le
contenu. Après quelques mois de travaux accompagnés d’une consultation
purement formelle des organisations syndicales, la Cgt a dénoncé la
réalité de cette opération : une réécriture complète, modifiant le
sens, l’interprétation et la portée des textes.
Ce processus, qui représente un énorme travail,
devait être achevé en juin 2006. Un nouveau délai de neuf mois a été
accordé par le Parlement le 30 décembre dernier.
A aucun moment, la finalité de cette « recodification » n’a fait
l’objet de débat, alors que ce Code régit la vie quotidienne de
millions de salariés. Un tel bouleversement, décidé de façon précipitée
à quelques semaines des élections politiques, est inadmissible. Il est
en totale contradiction avec la loi récemment votée sur les obligations
de concertation avec les partenaires sociaux : il n’avait même pas été
inscrit à l’ordre du jour de la Commission nationale de la Négociation
collective qui s’est tenue le 6 février.
Dans ces graves circonstances, la Cgt se félicite que les
cinq confédérations syndicales aient écrit ensemble au ministre du
Travail pour exiger la suspension de cette décision. Elle s’adresse
solennellement aux salariés, aux juristes et usagers du droit du
travail pour qu’ensemble, nous empêchions ce déni de démocratie aux
lourdes conséquences.
Dans D&S n°142 du 12 février 2007
Recodification imminente ?
Un autre Code du travail, épuré, allegé, lors d’un Conseil des ministres en mars ?
Il faut une gauche aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat.
La “recodification” du Code du travail a été préparée en
secret, D&S l’a révélé, dénoncé, pas à pas depuis le 16 février
2005. (Lire notamment D&S n° 138 “Un coup de Trafalgar caché contre
le Code du travail”). Une commission avait été mise en place par
Raffarin et Larcher. Elle a travaillé sous la direction de M.
Combrexelle, Dgt. Les ordonnances Villepin d’août 2005 ont légitimé par
avance ces travaux et prévu, toujours par ordonnance, de les faire
ratifier avant le 31 octobre 2006. A cause de sa défaite en
rase-campagne sur le Cpe, Villepin, qui espérait faire adopter ce
nouveau Code du travail en mai-juin 2006, a dû y renoncer.
Mais,
obstinés, ils ont persisté et fait voter dans un des articles des
dernières lois de fin décembre 2006, un “prolongement” de
“l’habilitation par ordonnances” pour une période de neuf mois. Dans
l’hypothèse où Sarkozy passe, ils peuvent, en une seule lecture, faire
voter un “nouveau Code du travail”. Les grands médias ont totalement
occulté, en dépit de nos alertes répétées, une question d’une telle
importance, fondamentale pour 22 millions de salariés - y compris ceux
du public, qui y perdront, en étant tirés vers le bas. Droit du
licenciement, nouveau contrat de travail, droit de grève, droits
syndicaux seront balayés.
Pour tout journaliste qui voudrait “révéler”
ce scandale, il suffit de demander le texte au “Dgt”, directeur général
du travail : le travail dit de “recodification” qualifié mensongèrement
“à droits constants” (en fait à droits très allégés) est achevé.
La Cgt dans “le droit en liberté” vient de dénoncer (p. 7, 8 et 9, du
n° de février 07) cette “opération gigantesque” qui a “pris du retard”
mais que Gérard Larcher se dit “déterminé à mener à bien avant les
élections”. Il s’agit, écrit la Cgt d’une ré écriture “aussi inutile
que dangereuse” avec un “simulacre de concertation”. La ré écriture ne
va, en rien, simplifier le code du travail, mais “perdre” les
utilisateurs non professionnels, annuler les jurisprudences.
La trace
de l’origine et des modifications successives apportées par le
législateur sera perdue et permettre la déconstruction de ce droit
vivant, historique, produit de rapports de force sociaux depuis 120
ans. C’est ce qu’ils veulent expressément, pour faire passer le
“nouveau contrat Cne” de Sarkozy-Parisot, supprimer le droit du
licenciement, l’inspection du travail, etc... par la magie du plan et
des titres”, du “déclassement des articles de législatifs en
réglementaire”, de l’externalisation vers d’autres codes, du
changement de vocabulaire et et de grammaire.
Le 1er janvier dernier
devant le Sénat, sans doute endormi, Gérard Larcher a annoncé que le
texte serait examiné en Conseil des ministres courant mars 2007. Autre
coup de Trafalgar, devant la commission nationale de la négociation
collective du 6 février, le ministre confirme le calendrier annoncé et
précise que l’ordonnance entrera immédiatement en vigueur.
Comme le dit la Cgt, il faudrait “dénoncer ce projet inacceptable par
tous les moyens possibles” mais elle ajoute “auprès des avocats et
juristes avec qui nous sommes en contact” (p. 9 idem). Non, c’est
publiquement auprès de tous les salariés, de tout le mouvement social,
de tous les candidats à l’élection présidentielle qu’il faut faire
cette dénonciation. On trouvera bien quelques médias honnêtes pour nous
entendre, et faire leur “une” là-dessus et empêcher ce dernier mais
terrible coup bas du gouvernement Chirac, Villepin-Larcher-Sarkzoy au
service de Parisot.
09 février 2007
“Faire gagner la gauche à gauche”
… Sur France inter
… Mme Parisot se met en quatre… et fait du Sarkozy
Sur France inter, ce lundi 5 février, à 70 jours de la
présidentielle, Mme Parisot à l’égal d’une candidate, a eu droit à 40 ’
en pleine écoute ( 8 h 20 – 9 h) pour diffuser ses positions
néo-libérales intégristes similaires à celles de Nicolas Sarkozy…
Remarquez, c’était redondant mais pas inintéressant pour qui voulait
prendre la peine de déchiffrer les « besoins d’air » derrière lesquels,
en bonne communicante, elle dissimule ses exigences en faveur des
actionnaires et contre les salariés…
On comprend à l’entendre, pourquoi son prédécesseur, le baron Seilliére
avait qualifié Sarkozy de « Zinedine Zidane du gouvernement », et
elle-même l’avait fait ovationner à Jouy-en-Josas, le 30 août dernier…
Parce qu’elle a ce point commun avec Nicolas
Sarkozy, : il FAUT qu’elle mente habilement. Elle défend des
propositions tellement anti-populaires, qu’il lui faut les masquer, les
habiller sous le couvert de la « méritocratie » de l’intérêt des «
entreprises », de l’intérêt de la compétitivité, de la concurrence
internationale… Si elle parlait franchement en mots crus, ordinaires,
de ce qu’elle propose, tout comme Nicolas Sarkozy, elle se ferait
jeter à coups de balais par les électeurs… alors pour mieux tromper les
«travailleurs » il faut enrober, dénaturer, masquer… vampiriser « la
France qui se lève tôt »…
Elle est contre les 35 h et pour qu’il n’y ait plus de durée légale, ni les 35, ni les 39, ni les 40 h…
elle, c’est les 45 h sans gain de salaire…
Elle fabrique des néologismes comme « l’employabilité », la «
séparabilité », « l’agilité » des contrats de travail, elles appelle
«charges », la part du salaire indirect différé, et elle veut ainsi
baisser tous les salaires bruts.
Comme son ami Sarkozy, elle veut baisser les majorations, les
cotisations sociales, l’imposition des heures supplémentaires pour les
rendre moins coûteuses que l’embauche. Comme son ami Sarkozy, (qui
l’affirmé dix fois lui-même et ne l’a démenti mollmeent qu’une fois par
le biais d’un porte-parole), elle est pour étendre le Cne...
elle est contre le Code du travail, pour qu’il y ait moins de loi,
moins de juge, moins de prud’hommes, moins de syndicats, moins
d’institutions représentatives du personne, moins d’inspection du
travail, moins de droit pénal du travail…
Par exemple, quand on lui parle salaires, et des fameux 4000 eur gagnés
par les couches dites moyennes » de JF Coppé, elle affirme sur France
inter : « ce pourquoi nous nous battons, c’est pour que le maximum de français gagnent plus de 4000 eur, c’est cela l’essentiel ».
Bien sûr ! l’essentiel n’est pas d’élever le salaire médian qui est de
1450 eur, ni le Smic a moins de 1000 eur, non, c’est de faire passer la
barre des riches à 2, 3, 4 % de salariés en plus…
Que les autres crèvent la bouche ouverte, ils ne sont pas assez méritants !
Par exemple, quand on lui parle des gros salaires, elle affirme que ce n’est pas immérité, pourvu que cela corresponde à une performance, par exemple, les footballeurs célèbres
gagnent de grosses sommes parce qu’ils font du beau spectacle, et
c’est normal précise t elle qu’ils gagnent plus que ceux qui sont en
deuxième, troisième division… Pas question de trouver les salaires
excessifs des grands sportifs vendus à l’encan sur les bourses
mondiales, non, elle les prend comme exemple pour les patrons. Sans
prendre la peine de souligner qu’un footballeur, riche hère, ne peut
jouer aux jeux du cirque que pendant un court extrait de sa vie
physique, tandis que les plus vieux patrons, après avoir gagné 300 ou
400 fois le Smic partent en retraite avec des parachutes dorés, encore
cent fois supérieurs… pas question pour Mme Parisot, 276° fortune de
France, de concéder qu’il y a le moindre excès dans les pharamineux
salaires patronaux et revenus des actionnaires… Pas question non plus
de concéder qu’il y a des patrons voyous, non car il y a la “part de
risque”... laquelle doit sans doute valoir amnistie du “grand”
aventurier si proche du “grand” financier...
Enfin “risque” ; il ne faut pas exagérer l’attrait du concept parce
que, poussée dans ses retranchements, Mme Parisot a déjà expliqué que
les 65 milliard d’eur perçues par les entreprises, c’était justifié
contre le “risque des 35 h”...
Selon elle, il ne faut pas faire la même erreur collective sur les
richesses que sur la réduction du temps de travail : il ne faut pas
mieux les répartir, il faut les augmenter ! Ainsi certains
travailleront plus, certains seront plus riches, et cela tirera,
ment-elle, tout le monde vers le haut. Comme s’il n’avait pas été
prouvé, que même en période de croissance, ceux qui travaillent deux
fois plus et gagnent deux fois plus le font au détriment des autres
laissés sur le carreau… Comme si l’augmentation phénoménale des
richesses en France ces dernières années ne s’était pas accompagnée
d’une aggravation de la fracture sociale !
A un auditeur qui lui demande comment faire travailler davantage les «
seniors » et remettre en cause les 35 h tout en prétendant donner du
travail aux jeunes, elle répond cyniquement, que « oui », c’est
possible à condition non pas de partager le gâteau du travail mais de
l’augmenter… Elle qui dit que si elle travaille 7 h, elle a besoin
d’une assistante, mais si elle travaille 10 h elle a besoin de deux
assistantes, ne semble pas comprendre qu’en fait le choix de son
système c’est de faire travailler davantage la première assistante et
d’accroître ainsi le surtravail des uns au détriment du sous-travail
des autres…
La « séparabilité » ? La voilà qui ment encore, elle qui prétend « ne
rien toucher » par ailleurs au droit collectif du licenciement , mais
permettre une « nouvelle façon » de rompre le contrat, en gros par
transaction, par consentement mutuel, par « divorce » à l’amiable. Cela
veut pourtant bien dire qu’une procédure individuelle contractuelle se
substituerait à des procédures collectives légales ! Ce serait au «
choix volontaire » des parties concernés prétend-elle : mais l’ordre
public social qui est le notre, bâti depuis des décennies, en la
matière, n’est ce pas un système de droit collectif, républicain qui
l’emporte sur le choix individuel imposé par un patron dominant à un
salarié subordonné ? La meilleure protection d’un salarié n’est elle
pas collective ?
Elle « préfère le contrat à la loi » : normal puisque ce qui
différencie le contrat de la loi, c’est que pour le contrat il faut
impérativement la signature du Medef, alors que pour la loi, une
majorité parlementaire des élus au suffrage universel suffit – même si
le Medef n’est pas d‘accord ! Elle préfère évidemment son droit de
veto aux lois de la République…
Par exemple, pas question pour elle de dire qu’il faut augmenter le
Smic qu’elle voudrait démanteler ( qu’il soit augmenté par une «
commission des sages non politiques, qu’il soit différencié au niveau
national, qu’il soit annualisé et non plus mensualisé…). En cela, elle
est d’accord avec Nicolas Sarkozy qui (lorsqu’il ne parle pas aux
ouvriers qui se lèvent tôt) explique que si on augmente le Smic on fait
fuir les capitaux, et les capitalistes et que c’est une perte pour la
France. Sur France inter, Mme Parisot répète cela : si on ne paie les
grands patrons comme il se doit, ils vont à Hong-Kong, Londres ou New
York : pas un mot sur l’ immoralité, le pillage que cela implique,
non, Johnny Halliday et ses épigones ont raison, cela lui semble normal
et il faut se plier à ce genre de chantage.
Par exemple, elle choisit sur France inter d’inviter et d’interroger un
patron de la Sorbonne, qui parle comme un patron depuis un émirat arabe
où il vend le nom de la Sorbonne : il faut sélectionner les étudiants
par « la réussite » et il faut qu’ils paient davantage pour fréquenter
l’université. En gros un système à l’américaine d’universités chères
et privées, réservées à l’élite, qui a les moyens de se « sacrifier »
pour y faire rentrer ses enfants : ledit patron d’une université
pourtant publique ne demande pas davantage de fond publics pour les
universités, non, il veut les privatiser, comme il le fait pour la
Sorbonne (et d’autres pour le Musée du Louvre) en Arabie. Pas un mot
sur la ségrégation sociale qui éloignent tant d’enfants d’employés et
d’ouvriers de l’université.
Non, il faut un système qui sélectionne et pousse les meilleurs… son
souci, transparent, c’est la compétition pas la solidarité, c’est
l’élitisme, pas le bonheur de la masse des citoyens et travailleurs,
c’est la domination des actionnaires pas le partage des richesses crées
par les salariés…
Une proposition, on pourrait faire se mettre en quatre les dirigeants
syndicaux confédéraux sur France inter, 40’ pour eux, ils représentent
16 millions de salariés, et ils ont 4,5 millions de voix aux
prud’hommes, alors que Mme Parisot et son Medef n’y obtiennent que des
scores groupusculaires, alors qu’il faut que le Medef manipule les
petits et moyens patrons pour faire illusion sur sa représentation
réelle…
Une autre serait de donner autant de parole 40’ aux inspecteurs du
travail qui se “mettent en 4” et contrôlent les riches patrons
fraudeurs du CAC 40 (un sur deux est mis en examen) et tous ceux qui
violent le code du travail : tenez par exemple, vers le 5 et 9 mars
2007, moment où, à Périgueux, sera jugé le brutal meurtrier des deux
inspecteurs du travail, Sylvie Trémouille et Daniel Buffiére qui
essayaient le 2 septembre 2004, à Saussignac en Dordogne, de protéger
juridiquement les droits des saisonniers agricoles surexploités…
Gérard Filoche, lundi 5 février 07
Attention : du 5 au 2 mars à Périgueux,
procès du premier meurtre en 114 ans d’histoire de deux agents de
l’inspection du travail... Claude Duviau, le meurtrier des deux
inspecteurs du travail Sylvie Trémouille et Daniel Buffière, abattus le
2 septembre 2004 à Saussignac en Dordogne sera jugé. Tous les syndicats
de l’inspection du travail semblent s’orienter, enfin, vers un appel à
une présence massive, nationale, à partir du lundi 5 mars à Périgueux.
érard Filoche vendredi 2 février - 0607481167
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Site : www.democratie-socialisme.org (2500 visites dans la seule journée du jeudi 1er février)
03 février 2007
Allez donc au fond des questions importantes !
Bon sang, dans ce pays pourra t on avoir une campagne électorale démocratique de qualité ?
Car c’est vrai, la "grande
presse" sélectionne ses thèmes, les plus vulgaires, les moins
importants sur le fond, par exemple les questions des "RG", des
patrimoines des candidats, des petites phrases sans sens, les “voisins”
de la rue d’Enghien, le “scooter” du fils Sarkozy et l’Adn de son
voleur, toutes questions secondaires, mais elle ne poursuit aucun des débats sociaux de fond qui surgissent :
Ces sont les questions sociales qui passionnent les électeurs, le salaire, l’emploi, le logement, la santé…
Aucune n’est encore sérieusement abordée…
La grande presse a déjà abandonné le thème du "contrat unique", du
Cne, du droit du travail, avant même d’avoir obtenu une quelconque
précision...
Pourtant le candidat Ump s’est enferré dans des contradictions énormes, mais comment cela se conclue t il ?
A quelle sauce seront finalement « mangés » les travailleurs et le code du travail ?
Déjà à Ripostes, le 10 décembre, Nicaols Sarkozy avait esquivé la
question. Ses discours du 22 juin (Agen) du 18 décembre
(Charleville-Mézières), son programme Ump de nov, sa déclaration du 24
janvier, celle de son porte-parole du 25 janvier, ouvrent des questions
de fond sur le contrat de travail qui concernent la vie intime de 16
000 000 de salariés du privé…
Sarkozy veut il ou non étendre le Cne sur toute la vie à tous et toutes ?
Sarkozy veut il du licenciement sans motif ?
Sarkozy veut il remplacer le droit du licenciement par le droit du reclassement ?
De quoi s’agit il avec son contrat unique nouveau “plus souple”, au licenciement facilité ?
Sarkozy qui n’a plus que le (beau) mot de “travailleur” à la bouche,
pense t il comme Mme Parisot que “la liberté s’arrête là où commence le
code du travail” ?
Pourquoi les élections prud’hommes ont elles été repoussées par la
droite sur pression du Medef (qui veut les supprimer sous leur forme
actuelle) de décembre 2007 à décembre 2008 ? (le « projet socialiste »
les maintient en décembre 2007) ?
Vous ne le saurez pas, la "grande presse" feint de se lamenter de la
mauvaise qualité du débat gauche-droite, mais ne relaie aucun des
débats vraiment de fond qui apparaissent...
Elle ne pose jamais les bonnes questions jusqu’au bout...
Elle a laissé passer le rapport du Cor du 12 janvier sans interroger
les différents candidats sur ce qu’ils prévoient pour les retraites... est
ce la retraite sans âge, appelée « retraite à la carte » comme le veut
le Medef ? Est-ce allonger la durée de cotisation à une limite
inatteignable au delà de ce travaillent tous les Français (sauf les
patrons à parachutes dorés) ?
Elle a laissé parler Sarkozy du droit de grève limité, sans lui
poser aucune question précise : quel est son modèle, si ce n’est pas le
modèle social français, est-ce l’anglo-saxon, veut il s’inspirer de la
réglementation anti-grève de Mme Thatcher ?
Elle laissé passer la question de la représentativité syndicale
sans interroger chaque candidat : est ce sur la base du rapport
Hadas-Lebel du Ces ou sur la base des propositions anti syndicales de
l’Ump (suppression de la liste – qui devrait être étendue - de ceux qui
bénéficient de la « présomption irréfragable de représentativité »,
obligation de tous les syndicats de prouver en permanence leur
représentativité dans chaque entreprise ?)
On n’a pas développé le débat essentiel sur la fiscalité :
l’impôt sur le revenu progressif et direct doit il se substituer a
l’impôt indirect injuste ? Les entreprises doivent elles cotiser
davantage ? Doit-on renvoyer aux salaires les 160 milliards d’eur que
les profits boursier, entreprises et actionnaires leur ont pris en 20
ans ?
Elle n’interroge aucun candidat de façon concrète sur le nombre de
fonctionnaires, les salaires, le statut de la fonction publique...
(alors qu’il y a grève le 8 février) Il n’y a pas assez de
fonctionnaires, il faut remplacer tous ceux qui partent en retraite et
augmenter dans les secteurs nécessaires (hospitaliers, éducation,
équipement, services sociaux, inspection du travail, justice, etc…)
Quand va t on parler de la santé dans ce pays, alors que le “plan hîpital 2007” s’applique sans un mot, sans une enquête, en ravageant nos hôpitaux ?
Pourtant la grève de 8 février pose la question des salaires et des effectifs de la fonction publique, qu’en pensent les candidats ? Les salaires sont ils trop hauts dans ce pays ?
Les profits (100 milliards d’eur pour les entreprises du Cac 40 en
2006, contre 83,4 en 2005, 66 en 2004, 57 en 2003...) n’ont jamais été
aussi énormes ( 30 milliards d’eur de bénéfices de plus en 2005 par
rapport à 2004 pour les 500 premiers fortunes de France soit trois fois
le “trou” présumé de la Sécurité sociale– la grande prêtresse du Medef,
Mme Parisot est la 276°...)
Gerard Filoche, jeudi 1er février
Ps : même sur la lutte contre le tabagisme, il y a de
quoi dire en droit du travail... rien ne transpire de concret. Sujet
traité de façon “people” alors qu’il menace un principe fondamental du
droit du travail : la responsabilité en premier chef de l’employeur en
matière d’hygiène sécurité, conditions de travail et le rôle de
l’inspection… (cf communiqué sur ce point)
Attention : du 5 au 2 mars à Périgueux, procès du premier meurtre en 114 ans d’histoire de deux agents de l’inspection du travail...
Claude Duviau, le meurtrier des deux inspecteurs du travail Sylvie Trémouille et Daniel Buffière, abattus le 2 septembre 2004 à Saussignac en Dordogne sera jugé.
Tous les syndicats de l’inspection du travail semblent s’orienter, enfin, vers un appel à une présence massive, nationale, à partir du lundi 5 mars à Périgueux.
communiqué D&S n°11 campagne anti sarkozy Tous contacts : 0607481167
Site : www.democratie-socialisme.org
30 janvier 2007
DROIT DE GREVE
Quand
Sarkozy parle des ouvriers, en concret, c'est pour diminuer leur droit
de grève et “s’inspirer du Cne” pour “réformer le code du travail”...
Xavier Bertrand, son porte parole, vient, ce matin, de reprendre l'antienne contre le droit de grève :
« A celui qui est contre la grève obligatoire
imposée par une minorité je propose la démocratie par l’organisation
obligatoire d’un vote à bulletin secret dans les 8 jours qui suivront
tout déclenchement de mouvement social » s’écriait Sarkozy à Agen.
Sarkozy veut une “France d’après” en “rupture” avec le “modèle social français” pour se rapprocher du “modèle anglo-saxon”.
Pour en arriver là, il faut remettre en cause le droit constitutionnel
de grève. Mais là, ce que veut Nicolas Sarkozy c’est imiter carrément
Mme Margaret Thatcher.
Depuis l'ère Thatcher, les lois réglementant le droit de grève sont en
Grande Bretagne, parmi les plus restrictives des pays riches en vertu
du Trade Union Act de 1984 et des Employment Acts de 1988, 1990 et
1993. Les
salariés doivent voter la grève à bulletin secret, informer leur
employeur de la date de leur action et en préciser les motifs. La
validité de leur vote est limitée à quatre semaines, sauf accord
contraire avec l'employeur. Ce dernier peut demander à la justice de
s'opposer à la grève. Si celle-ci est déclarée illégale, l'employeur
peut licencier les responsables.
Les raisons d'une grève sont nécessairement liées aux conditions de
travail ou aux possibles conflits dans l'entreprise concernée. Les
grèves de solidarité avec des salariés d'une autre entreprise et celles
qui résultent d'un mot d'ordre général - comme la défense des retraites
- sont interdites. En août 2005, une grève de solidarité à British
Airways a valu des amendes à trois délégués syndicaux et 670 grévistes
du groupe de restauration aérienne Gate Gourmet ont été licenciés sur
le champ en août 2005.
Les grèves sont un motif de licenciement. Elles sont devenues fort
rares et surviennent lorsque tout est perdu, comme à l'usine General
Motors près de Liverpool, juste avant la suppression de 900 emplois.
Depuis l'arrivée des travaillistes au pouvoir, en 1997, le Trade Union
Congress (TUC) n'a cessé de réclamer l'abolition de ces lois. Tony
Blair a refusé. « Les syndicats reviendront à la charge lors de leur
congrès annuel, du 11 au 14 septembre, et en novembre, lors du
centenaire de l'instauration du droit de grève. Ils n'ont aucune chance
d'obtenir raison » dit Le Monde du 1er septembre 2006.
Aux Usa, la grève des transports en commun de New York de 2005 était illégale.
Ainsi, selon les admirateurs du « modèle social anglo-saxon » que sont
Sarkozy et Parisot, (et ils n’annoncent qu’une partie de ce à quoi ils
aspirent) en reviendra t on vraiment au XIX° siècle, où droits
syndicaux et droits de grève seront battus et réprimés.
D’ailleurs voilà cinq ans qu’ils s’efforcent d’entraîner des directions
syndicales vers ce piége du renoncement à la grève dans les transports,
avec un « service minimum ».
" On ne peut tolérer ces prises d'otages ", " L'usager paie, le service
doit lui être rendu ", " C'est une honte pour un service public "...
telle est la rengaine des journaux télévisés à chaque grande grève, à
travers des « micro-trottoir » convenus.
« Celles et ceux qui défendent si fortement les usagers en cas de grève
des transports sont les mêmes qui depuis des années mènent un combat
idéologique pour que nous renoncions à cette notion d'usagers,
c'est-à-dire de citoyen(ne)s utilisant un service public au profit de
celle de " clients ".
La population anglaise n'aurait-elle pas préféré quelques jours sans
trains pour cause de grève des cheminot(e)s à un réseau ferré dans un
état lamentable, où les correspondances ne sont pas assurées pour cause
de concurrence, et avec un niveau de sécurité particulièrement
dangereux comme l'ont malheureusement prouvé de nombreux accidents ? »
s’interroge à juste titre « l‘Alternative libertaire »
« Pour les usagers des transports, le vrai service minimum existe déjà
: celui que la SNCF leur impose quotidiennement. Ce ne sont pas les
grèves des cheminots qui sont la cause des tracas quotidiens subis par
les usagers mais le démantèlement progressif du service public, la
diminution des crédits affectés à la sécurité.
Ce que les usagers des transports refusent c’est l’accumulation des
retards, les arrêts injustifiés, les pannes, les agressions. Les
usagers des transports veulent en finir avec cette véritable souffrance
au quotidien. C’est en autres pour cette raison qu’ils ont soutenu par
procuration les grèves des transports en 1995 ou ce printemps menées
par les cheminots qui défendaient l’intérêt général, le service public,
la sécurité sociale ou le droit à la retraite.
Tous les sondages, toutes les enquêtes montrent que les Français
soutenaient ces grèves. La droite et une grande partie des médias ont
depuis longtemps galvaudé une expression : les « usagers pris en otage
». Non, quand les cheminots font grève, ils ne prennent pas le public
en otage, ils défendent une liberté fondamentale écrite dans notre
Constitution : le droit de grève. » plaidait fort justement Noël Mamére
le 9 décembre 2003 à l’Assemblée nationale.
Gérard Filoche, lundi 29 janvier 07, tel 0607481167
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CNE OU PAS CNE
Sarkozy ne généralisera finalement pas le CNE, dit Xavier Bertrand, - ah oui ?
Cne/ Sarkozy ? Girouette ou dissimulateur ? Recul tactique ? Mais pas sur le fond...
Que dit Sarkozy sur le Cne et contrat unique dans son discours d’Agen ? (22 juin 06)
« Au chef d’entreprise qui hésite à embaucher
parce qu’il a peur de ne pas pouvoir licencier et qui se perd entre les
quelque 36 formules de contrats de travail possibles, je propose un contrat unique à durée indéterminée, plus souple, avec une consolidation des droits du salarié au cours du temps. »Discours de Sarkozy à Agen
Que dit Sarkozy sur le Cne et le contrat unique à Charleville-Mezières ? (18 déc 06)
« … je propose qu’on protège moins les emplois et davantage les personnes, grâce à la création d’un contrat de travail unique, à durée indéterminée, à droits progressifs, plus souple en matière de licenciement économique,
et d’une sécurité sociale professionnelle qui sécurise mieux les
parcours individuels. Quand on change d'emploi on doit être mieux
protégé. Et c'est parce que l'on sera mieux protégé que l'on changera
plus facilement d'emploi. » discours de Sarkozy à Charleville-Mézieres
Que dit Sarkozy sur le Cne et le contrat unique dans le programme officiel de l’Ump ? (Nov 06)
« Un nouveau contrat de travail pour un marché du travail qui fonctionne mieux :
« En concertation avec les partenaires sociaux, un
nouveau contrat de travail, applicable à toute nouvelle embauche sera
crée : il sera plus souple les entreprises, grâce à des procédures de
licenciement moins longues et surtout moins incertaines, plus gratifiant pour les salariés car il sera unique et nécessairement à durée indéterminée. Les entreprises embaucheront plus , plus vite et plus facilement. » (programme Ump P.28)
Que dit Sarkozy sur le cne et le contrat unique devant le Cg-Pme de JF Roubaud, mercredi 24 janvier 07 ?
"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y
toucher", a alors déclaré Nicolas Sarkozy, en souhaitant la mise en
place "d'un contrat unique, inspiré du CNE".
Les choses sont claires : mais dures à faire passer, contre l’avis de
tous les syndicats, contre les jeunes et les salariés qui ont gagné en
avril 2006 ! (Reuters)
Comment prétendre “parler aux ouvriers”, aux salariés, et leur promettre de
- se faire « séparabiliser » facilement,
- de travailler plus, de gagner moins,
- de travailler le dimanche,
- de diminuer le droit de grève,
- de diminuer les droits syndicaux,
- de ne plus comptabiliser les heures supplémentaires qui ne
seraient plus majorées, ni cotisés pour le salarié, ni imposées pour
l’employeur…
Alors que dit Xavier Bertrand porte-parole de Sarkozy, pour
atténuer l’amère pilule, sur le Cne et le contrat unique ce matin dans
la Tribune ?
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy ne prévoit
finalement pas de généraliser la formule du Contrat nouvelle embauche
(CNE), introduit par l'actuel gouvernement et qui permet de licencier
sans motif pendant une période de deux ans, annonce son porte-parole
Xavier Bertrand." Le CNE, avec 800.000 contrats signés et 240.000
créations d'emplois, a montré que l'assouplissement de notre droit du travail permettait de libérer les embauches.
Mais il a aussi des défauts comme l'absence de la motivation de rupture
du contrat et une période d'essai beaucoup trop longue. Notre intention
n'est donc pas de le généraliser", dit-il dans un entretien au journal
La Tribune lundi 29 janvier.
Sarkozy est en fait le candidat du Cpe et du Cne. Il a voté et défendu l’un et l’autre en août 2005 et au printemps 2006.
Il n’a cessé, depuis, de remettre en cause le Cdi tel qu’il est
dans notre Code du travail. Le fond, c’est qu’il veut faciliter le
licenciement, la « séparabilité » comme l’appelle Mme Parisot :
licenciement sans motif, sans prud’hommes, sans recours, plus de droit
collectif mais des transactions individuelles avec indemnités, en
échange d’hypothétiques promesses de reclassement… et il annonce en
même temps que quelqu’un qui aura refusé trois emplois n’aura plus
d’indemnités,
Si vous doutez que ce que veut Sarkozy, en fait, sans oser le dire
franchement (car tous les syndicats sont contre) c’est le Cne sur toute
la vie, et le licenciement sans motif et sans recours…
Demandez-vous pourquoi il a reporté l’élection prud’hommes de décembre 2007 à décembre 2008, pourquoi il limite le droit et les moyens des conseillers prud’hommes à juger ?
Le thème clef des discours de Sarkozy et du Medef c’est de « faciliter
le licenciement pour faciliter l’embauche » (argument incroyable dont
on se demande bien en quoi il pourrait créer de l’emploi ! Un patron
qui est assez pervers pour n’embaucher qu’à la condition de pouvoir se
débarrasser sans « motif » d’un salarié est un patron dont il faut se
méfier !)
Récemment l’Insee a révélé que de plus en plus de salariés sont
déclassés, « employabilisés » à plus bas salaire… (cf pièce jointe)
Moins de droits à conserver son emploi, plus de « droits »
hypothétiques à en trouver un autre moins bien payé, c’est un marché de
dupes proposé aux salariés, qui revient à lâcher la proie pour l’ombre
: c’est la prétendue « sécurité professionnelle » professée par Sarkozy.
Gérard Filoche, lundi 29 janvier, 0607481167
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Pour information, le « projet socialiste » propose d’abroger le Cne et
fixe la date des élections prud’hommes… en décembre 2007 ( sur ce
dernier point, amendement gerard filoche intégré le 6 juin 2006)
25 janvier 2007
Sarkozy pour le licenciement sans motif sur toute la vie
Sarkozy pour le licenciement sans motif sur toute la vie
Il annonce un Cpe à vie pour toutes et tous !
Nicolas Sarkozy veut s'inspirer du CNE pour un contrat unique 24.01.07 | 20h44
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi, lors d'une rencontre avec des patrons de PME, qu'il entendait s'inspirer du "contrat nouvelle embauche" (CNE) pour créer un contrat de travail unique s'il était élu le 6 mai à la présidence de la République.
"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher", a déclaré le ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP lors de cette rencontre organisée par la CG-PME dans un théâtre parisien.
Le CNE, pour le moment réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, prévoit une période d'essai de deux ans et rencontre un certain succès auprès des PME.
"Je garderai l'intérim et les contrats de projet (...) mais le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Est-ce que ca va passer inaperçu comme une lettre à la Poste ?
Ce que vient d’annoncer Nicolas Sarkozy, devrait faire la « une » de tous les journaux, tellement, c’est une attaque inouïe, inédite contre le Code du travail.
C’est purement et simplement la mort du droit du licenciement : la facilité pour un employeur de rompre unilatéralement le contrat de travail SANS MOTIF
- pas seulement pour les jeunes de moins de 26 ans comme le Cpe,
- pas seulement pour les 5 millions des salariés des entreprises de moins de 20 salariés comme le Cne
- pas seulement pendant une période de deux ans comme le Cne et le Cpe
mais tout au long de la vie professionnelle, un employeur pourra vous licencier SANS MOTIF, en dépit de toutes les déclarations des droits de l’homme, en dépit de la Convention n°158 de l’Organisation internationale du travail.
Etre licenciable sans motif, c’est ne plus pouvoir défendre ses droits du travail en amont, c’est ne plus pouvoir se syndiquer ouvertement, c’est ne plus pouvoir revendiquer ses heures supplémentaires, c’est ne plus pouvoir « broncher » sous peine de perdre son emploi…
Etre licenciable sans motif, c’est ne pas pouvoir correctement se défendre aux prud’hommes contre un licenciement sans cause réelle et sérieuse, abusif, ou boursier.
Etre licenciable sans motif, c’est un retour en arrière de 120 ans, dans le droit, la dignité élémentaire des salariés, c’est le retour à Germinal, à Zola…
Pas un salarié de ce pays n’a intérêt à ce qu’un tel candidat passe …
Des millions de salariés, de jeunes ont défilé de février à avril 2006 pour imposer à Sarkozy Chirac Villepin de retirer le Cpe : Sarkozy, ce n’est pas la « rupture », c’est la persistance, la France d’avant, c’est la volonté de casser la volonté populaire, de revenir en arrière, au 19° siécle.
Gérard Filoche, D&S, jeudi 25 janvier 2007, 0607481167
Site www.democratie-socialisme.org
03 novembre 2006
Répondre sur le terrain social
C’est sur le terrain social que nous gagnerons la présidentielle
C’est sur le terrain social que la gauche se
donnera le maximum de chances de gagner l’élection présidentielle.
C’est la leçon essentielle du 21 avril 2002 : si nous quittons le
terrain social, nous serons entraînés, comme en 2002, sur un terrain
qui n’est pas le notre, celui de la sécurité. Le cauchemar d’un second
tour Droite-Le Pen ressurgira.
Répondre sur le terrain social
Mais pour pouvoir gagner sur le terrain social, encore faut-il avoir des réponses à apporter.
Le débat du 17 octobre a permis d’apprécier ce qu’étaient les réponses
de Ségolène Royal et de Laurent Fabius. Ségolène Royal utilisait la
plus grande partie de son temps à montrer à quel point elle était
proche des problèmes des Français mais ne s’attardait guère sur les
réponses qu’elle se proposait d’apporter à ces problèmes. Laurent
Fabius, à l’inverse insistait sur ses réponses qui étaient concrètes
et précises. Comparons leurs réponses à quelques problèmes sociaux
essentiels.
Contre le chômage
Pour Ségolène Royal il s’agit d’adapter l’employabilité des demandeurs
d’emplois aux besoins des entreprises. C’est la même réponse que celle
de la droite : elle fait porter la responsabilité du chômage aux
demandeurs d’emplois. Cette réponse n’a rien à voir avec la réalité
sociale : pour six demandes d’emplois, il y a (au mieux) un offre
d’emplois. Et ces offres d’emplois sont souvent d’une semaine, voire
moins. Si tous les demandeurs étaient « employables » comme l’affirme
Ségolène Royal le nombre de chômeurs ne changerait donc que très
marginalement. Nous l’avons constaté entre 1997 et 2002 seule la
combinaison de la croissance et de la réduction du temps de travail
fait reculer le chômage.
Ségolène Royal affirme que les « 35 heures » ont été « une régression
pour une minorité de salariés ». C’est faux dit comme cela, ce n’est
pas les 35 h… en tant que durée légale, elles n’ont nui à personne.
Mais il y a eu des mesures limitant leur application, notamment dans
les petites entreprises où les heures supplémentaires ont été
maintenues d’abord par Martine Aubry puis par Francois Fillon a une
petite majoration de 10 %.
La solution qu’elle propose va à l’encontre de ce qu’il aurait fallu
faire pour éviter cette régression. En effet, c’est justement parce
que la négociation (le « contrat ») s’était substitué à la loi qu’une
partie des salariés ont eu à subir « la flexibilité et la pression au
travail » que dénonce Ségolène Royal. La seconde loi Aubry n’encadrait
pas suffisamment les 35 heures et ne protégeait pas les salariés des
entreprises (notamment ceux des petites) où le rapport de forces était
défavorables aux salariés. Ce que propose Ségolène Royal en affirmant
que « le contrat se substituera à la loi », c’est l’abandon de l’ordre
public social en matière de durée du travail… c’est la revendication
du Medef. Laurent Fabius, à la différence de Ségolène Royal, propose
de généraliser les 35 heures réelles à toutes les entreprises. Il
propose pour y parvenir de rétablir la majoration des heures
supplémentaires supprimées par la droite.
C’est un pas important vers l’objectif qui est de rendre les heures
supplémentaires plus coûteuses que l’embauche et donc de faire reculer
le chômage de masse. Il propose également de supprimer les
exonérations de cotisations sociales des grandes entreprises et d’en
affecter une partie à la création d’emplois jeunes.
L’augmentation du pouvoir d’achat
Laurent Fabius reprend l’objectif du projet du PS : le Smic à 1 500
euros bruts dans la législature. Mais il propose également qu’aussitôt
arrivé au pouvoir, un gouvernement de gauche augmente le Smic de 100
euros. Il propose ensuite d’agir pour généraliser cette hausse à
l’ensemble des petits et moyens salaires en organisant une conférence
salariale. Cette augmentation est à la fois juste socialement et
politiquement. Socialement, elle permet de reprendre une partie de ce
que les profits ont confisqué aux salaires.
Economiquement, elle permet de relancer la consommation et donc la croissance.
Ségolène Royal reprend l’idée d’une conférence salariale et d’un Smic
à 1 500 euros dans la législature. Mais elle rejette l’idée
d’augmenter le Smic de 100 euros dès l’arrivée de la gauche au
pouvoir. Elle estime que cette augmentation serait «mangée par les
augmentations de loyers et d’essence ». Pense-t-elle vraiment que les
loyers et l’essence augmenteront moins vite si le Smic n’augmente pas
de 100 euros dès l’arrivée de la gauche au pouvoir ?
Ne voit-elle pas que cet argument s’oppose à toute augmentation de
salaires ? Ne comprend-elle pas ce que signifie une telle augmentation
pour les salariés payés au Smic ? Elle dénonce, enfin, le « mensonge
de l’indice Insee » mais, fidèle à sa méthode, ne fait aucune
proposition concrète pour modifier cet indice.
GDF-EDF
Laurent Fabius affirme qu’il faudra renationaliser EDF. Il précise la
méthode : le rachat des actions d’EDF grâce à ses bénéfices ou plus
exactement son « cash-flow ». Il affirme également qu’il faudra
défaire la « fusion bizarroïde » de Suez et de GDF. Il propose de
confier les actions de GDF détenues par l’Etat à EDF.
Ségolène Royal n’apporte aucune réponse aux questions posées sur la
renationalisation d’EDF ou de GDF. Elle se contente d’un discours
général sur la « maîtrise publique de l’énergie » et l’importance des
éoliennes.
Les retraites
Le congrès de Dijon avait adopté, à l’unanimité, une motion qui
affirmait que lorsque le Parti Socialiste reviendrait au pouvoir, il
abrogerait la loi Fillon, pour une retraite à 60 ans a taux plein.
Laurent Fabius reprend à son compte cette motion en affirmant que la
loi Fillon sera abrogée. Ségolène Royal s’est refusée à tout
engagement en ce sens.
Laurent Fabius propose qu’il n’y ait pas de retraites inférieures à 80
ou 85 % du Smic. Une telle proposition permettrait d’éviter à la grande
majorité des retraités de tomber, dans 20 ou 30 ans, sous le seuil de
pauvreté.
Ségolène Royal ne propose aucune solution concrète. Elle insiste
surtout sur le taux d’emploi des salariés de moins de 65 ans qui,
affirme-t-elle, est en France l’un des plus bas d’Europe. Il est
difficile de ne pas en déduire qu’elle propose d’allonger le temps de
travail jusqu’à 65 ans. Alors même que des centaines de milliers
jeunes ne trouvent pas d’emplois.
Les délocalisations
Ségolène Royal compte sur l’augmentation spontanée des salaires des
pays de l’Europe de l’Est pour stopper les délocalisations en
direction de ces pays. Alors que le budget de l’Union européenne reste
figé à 1 % du Pib européen, il est complètement illusoire de croire
que ces pays pourront évoluer comme l’avaient fait l’Espagne et le
Portugal après leur entrée dans l’Union européenne. En effet, les
fonds structurels destinés à aider les pays d’Europe de l’Est à
rejoindre le niveau de développent de l’Europe des Quinze sont
aujourd’hui deux fois moins importants que ceux qui avaient été
alloués à l’Espagne et au Portugal. Pourtant, les écarts de niveau de
salaire sont deux fois plus importants et la population de ces pays
est, elle aussi, deux fois plus importantes que celle de l’Espagne, du
Portugal.
Pour les délocalisations à l’extérieur de l’Union européenne, Ségolène
Royal propose de faire rembourser l’intégralité des aides publiques.
Elle ajoute, cependant que « certaines délocalisations sont justifiées
» sans préciser selon quels critères. Elle estime, enfin, que
l’instrument essentiel contre les délocalisations, c’est « le dialogue
social ». Cela risque d’être difficile avec les patrons qui déménagent
les machines en pleine nuit…
Laurent Fabius, quant à lui, ne distingue pas entre les
délocalisations dans ou hors de l’Union européenne. Il propose de
frapper toutes les entreprises qui délocalisent « à la caisse » et
d’appliquer le principe du « délocaliseur-payeur ». Il s’agit, pour
lui, de responsabiliser les patrons qui délocalisent en leur imposant
le remboursement des aides publiques, le versement de la taxe
professionnelle aux collectivités locales concernées pendant deux ans,
le paiement de l’ensemble des charges de reclassement des salariés.
Jean-Jacques Chavigné
C’était ci dessus un texte écrit pour une tribune adressée aux adhérents socialistes de la Somme.
Voici ci dessous le sommaire du dernier D&S n° 139 novembre 2006 en primeur pour vous
Il est imprimé ce jour, 2 novembre, il part demain par la poste... Chez vous, si vous êtes abonnés..
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D&S est un mensuel militant qui entrera dans sa quinzième année en 2007
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Thème général du n°139 :
arguments pour les votes des 16 et 23 novembre au sein du Parti socialiste
Sommaire : le meilleur candidat pour rassembler la gauche
P 3 : Edito : faire gagner la gauche avec Laurent Fabius
P 4 : Marc Dolez à Pantin le 8 octobre
P 5 : échos de campagne interne au Ps
P 6 : après Cuincy l’espoir
P 7 - 8 – 9 : les salaires au coeur du débat : 1500 euros, et 100 euros
P 10 et 11 : reconstruire les villes un an après les émeutes de banlieue
P 12 : le contrat doit il se substituer à la loi ?
P 13 et 14 : l’Europe du fait accompli ?
P 15 : la démocratie casino ?
P 16 : le rapport Machelon et la laïcité
P 17 : appel de syndicalistes socialistes pour Laurent Fabius
P 18 : les 100 ans de la Charte d’Amiens
P 19 : itv de Maryse Dumas
P 20 : Itv de Jean-Marie Pernot
P 21 : Itv de Gérard Aschiéri
P 22 : “la dissociété” dernier livre de Jacques Généreux
P 23 : courrier des lecteurs + correspondants
P 24 : le vent se lève + Les 35 h au restau ?
Bien à vous,
Gérard Filoche
Site lié à FM D&S : http//:www.democratie-socialisme.org
