08 janvier 2006
2006 . Vœux pour la France républicaine
2006 . Vœux pour la France républicaine : Liberté,
Démocratie, Souveraineté populaire et nationale, Paix et Progrès social
!
La France connaît une crise sévère qui s’est aggravée en 2005.
Pourtant elle n’est pas cet « l’homme malade » de l’Europe que
stigmatise N. Baverez dans le Monde daté du 30 décembre. La grande malade,
pour rester dans l’imagerie médicale, c’est l’Europe du Capital. Rongée par
le fédéralisme mondialisé et néo-libéral, elle évolue globalement dans la
trop longue phase terminale d’une maladie incurable. Dans le contexte
général de morbidité inhérent à cette Europe, la France, est elle aussi
contaminée par ce capitalisme intégriste, barbare, plus pathologique que
jamais et qui rejette tout rôle potentiellement civilisateur de
l’état-nation démocratique. Pourtant, grâce à son non à la constitution
européenne, notre pays tend à se relever. Le peuple français possède une
arme décisive : l’union des forces populaires autour de la réaffirmation de
la République, du rétablissement de la démocratie, de la liberté de pensée,
de la reconquête de la souveraineté populaire et nationale et de la
possibilité ainsi rétablie, de mener une politique économique et sociale
progressiste. En réalité, la France pourrait bien redevenir en 2006, en
engageant ce processus libérateur, l’une des nations phare de l’Europe et
du monde entier. L’enthousiasme populaire mondial qui a accueilli le non de
la France puis celui de la Hollande est significatif de l’audience
internationaliste de notre peuple.
Baverez, ami de Sarkozy et tenant du « déclinisme », décrit 2005 comme
étant pour la France « une année terrible, rythmée par des échecs et des
crises qui, dans le droit-fil du collapsus social de 1995 et du Krach
civique de 2002, ont acté le déclin du pays et l’éclatement de la
nation…L’échec du référendum a brisé un demi siècle d’engagement européen,
qui constituait le dernier axe stable de la diplomatie et de la vie
politique nationales »… Il parle encore de « la marginalisation de la
France en Europe et dans le monde » de « l’archaïsme d’un pays musée, en
rupture avec la modernité du XXI ème siècle ». De « désintégration du
pseudo-modèle français »…Pour le monde du travail, pour le peuple, 1995 est
une année qui comporte un aspect très positif. Elle vit se développer un
puissant mouvement social et l’une des premières grandes actions de masse,
contre les attaques réactionnaires liées à l’Europe de Maastricht et qui
devaient détruire les services publics et plus d’un siècle de conquêtes
sociales.
En 2002, la France n’a pas connu de krach civique. L’élection
présidentielle n’a pas permis de chasser du pouvoir -dans un même élan
républicain- le couple Chirac-Jospin qui venait lors du sommet de
Barcelone de participer à des décisions ultra-libérales
infâmes, antidémocratiques et profondément antisociales, dont nous payons
les conséquences aujourd’hui. Cette année-là fut tout de même porteuse
d’espoir puisqu’elle a vu un peuple déterminé, mettre à la retraite
d’office, un premier ministre social-libéral, particulièrement acharné
dans la mise en pratique de la politique néo-libérale de l’Europe
mondialisée. L’éclatement de la nation et le déclin du pays dont parle
monsieur Baverez, la destruction méthodique de la République, ne sont pas
l’œuvre du peuple de France mais bien celle des Chirac, Jospin, Giscard,
Sarkozy et de leurs amis de droite ou de la fausse gauche qui alternent au
pouvoir afin d’appliquer leur programme commun, le Traité de Maastricht. La
destruction de la France, de la Nation et de l’Etat, obstacles à la
mondialisation et vecteurs de la démocratie, programmée par l’impérialisme
états-unien et par les eurolâtres, est mise en œuvre par une
social-démocratie dogmatique, investie par le nihilisme national de ses
dirigeants trotskistes , tout autant que par la droite néo-pétainiste.
L’engagement européen d’un demi siècle n’est en aucun cas celui du peuple
français, mais celui d’une oligarchie de droite et de « gauche » fanatisée
et surtout motivée par la quête d’une part du Gâteau et qui se coopte,
accapare et se partage le pouvoir depuis des décennies . Loin d’être « le
dernier axe stable de la diplomatie et de la vie nationales » il se traduit
au contraire, par une diplomatie croupion et vassalisée, par le renoncement
national. La phase de résistance exaltante contre la nouvelle
agression coloniale des USA envers le peuple irakien s’est faite contre
la volonté de la majorité des gouvernements de cette Europe américaine.
Mais la France populaire résiste. Elle ne sera jamais le pays musée ou
marginalisé des fantasmes de tel ou tel économiste libéral ou des portes
parole de la pensée unique dans des médias domestiqués par le pouvoir de la
finance euro- mondialisée . Quelle est cette modernité du XXI ème siècle
dont il est question chez monsieur Baverez, lequel de manière ambiguë, se
demande « quels principes utiliser pour refonder une nation » et pour qui
le « moteur de la modernité peut repartir en 2007 » ? Pour le Comité Valmy,
la modernité ne se trouve pas dans les délocalisations, la casse des
services publics et la régression sociale ni dans les recettes de l’Europe
néo-libérale. La modernité, c’est le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes, c’est une République revivifiée, c’est la souveraineté
populaire, c’est l’indépendance nationale par rapport à l’impérialisme du
capital mondialisé, en premier lieu , celui des Etats-Unis et de son
appendice européen. C’est aussi un état – nation solide avec une vision
stratégique indépendante, capable d’interventionnisme dans l’économie et de
favoriser une politique sociale volontariste, capable encore
de nationaliser à nouveau et de planifier démocratiquement son
développement. La modernité, c’est de plus remplacer la tyrannie européenne
actuelle, par une politique internationaliste d’alliances, dans l’intérêt
national de chacun, avec les autres peuples et nations de notre continent,
avec ceux de l’arc méditerranéen, du Maghreb, de l’Afrique, de la
francophonie et bien d’autres…
La modernité, c’est aussi une politique de paix face à la menace de «
guerres préventives des dirigeants US, à leur stratégie de choc des
civilisations et d’ activation de secteurs intégristes au sein des
religions monothéistes. C’est la recherche d’un front uni défensif des
peuples libres et des nations souveraines qui irait de l’Amérique du Sud à
Pékin en passant par un axe Paris -Berlin-Moscou.
La crise des banlieues quant à elle, est la crise du capitalisme. Elle
n’exprime pas pour l’essentiel, la « désintégration du pseudo-modèle
français » Depuis de nombreuses années le pouvoir de la « gauche » ou de
la droite supranationales en France, travaille à imposer une Europe
néo-libérale basée notamment sur le postulat que la concurrence doit être
libre et non faussée. Les conséquences de cette politique ne sont pas
seulement la dégradation de la situation économique et sociale pour le
peuple dans son ensemble , c’est aussi l’essor favorisé du communautarisme
et la mise en cause de la laïcité. Dans les cités ghettos il y a souvent
des maffias, une économie souterraine illégale et une volonté de
prosélytisme de certains milieux intégristes. Mais il y a surtout, comme
partout dans le pays, des citoyens français en révolte et que l’on doit
envisager comme appartenant à une pépinière de militants potentiels,
républicains, progressistes et patriotes, à convaincre.
Dans les vœux de Jacques Chirac aux Français nous relevons un éloge du
patriotisme et de la République qui est présentée comme un projet
collectif. Cette prise de position conforme à la vision politique des
républicains patriotes que nous sommes, est malheureusement radicalement
contredite plus loin, dans le même discours, par cette affirmation
antinationale et antirépublicaine, fédéraliste : « On ne peut pas attendre.
C’est pourquoi je prendrai rapidement des initiatives pour relancer la
construction de l’Europe politique »…Dans laquelle de ces deux visions
contradictoires et antagonistes, Jacques Chirac est-il sincère ? Une fois
de plus la duplicité est érigée en méthode de gouvernement et de
manipulation du peuple. L’Europe politique que veut Chirac, c’est à dire le
fédéralisme, est incompatible avec la survie de la France, de la
République, de la Nation et de l’Etat.
La vérité se trouvait déjà dans le refus chiraquien de tenir compte du non
des Français au référendum sur la constitution européenne. Ce refus
antidémocratique de la souveraineté populaire, est manifestement commun à
la droite au pouvoir et à la majorité de la direction du Parti socialiste.
Devant cette réalité incontournable il n’est pas étonnant que, de plus en
plus nombreux des militants isolés et des groupes républicains organisés,
appellent à construire une alternative politique nouvelle , contre tous les
responsables de la situation actuelle et, afin de combattre politiquement
l’ensemble des fédéralistes disqualifiés, qui ont prôné le oui au
référendum. Ce défi historique sera relevé, nous n’en doutons pas, malgré
les difficultés que cette entreprise comporte. Le Comité Valmy est
favorable à la constitution méthodique d’un rassemblement populaire autour
de la République, de la souveraineté populaire et nationale, du progrès
social et de la démocratie. Il prendra toute sa part à cette démarche
politique de mobilisation populaire que devrait connaître 2006.
Claude Beaulieu, André Bellon, Gimles Bachelier. 01.01.06.
Jean-Jacques Chavigné, Gérard Filoche, à propos de :
D&S 131 le 8 janvier 2006
Jean-Jacques Chavigné, Gérard Filoche, à propos de :
Chirac, la « Valeur Ajoutée » et le financement de la Sécurité sociale
Chirac, le jeudi 5 janvier, dans ses vœux « aux forces vives de la
Nation» a émis l’idée que les cotisations sociales patronales destinées
à financer la Sécurité sociale ne soient plus calculées sur la base des
salaires bruts versés par les entreprises mais sur la base de la valeur
ajoutée créée dans ces mêmes entreprises.
Sans doute faut-il, tout d’abord, relativiser cette déclaration qui
s’inscrit visiblement dans la volonté d’un changement d’image lié aux
échéances de 2007 et de constater que s’il a parfois commencé ses
campagnes en tentant de se donner une image sociale, Chirac a toujours
fini, une fois élu, par faire une politique de droite. Danger, donc...
Certainement faut-il aussi ne pas éluder la question de fond posée par
la déclaration de Chirac : l’idée de changer l’assiette des cotisations
patronales en adoptant la valeur ajoutée des entreprises est-elle
réellement “progressiste” comme le reprennent trop vite, certains
secteurs de gauche? Que gagnerait et que perdrait le salariat à un tel
changement ?
Que gagnerait le salariat à l’adoption d’un calcul des cotisations sociales patronales sur la base de la valeur ajoutée des entreprises ?
Les ressources de la Sécurité sociale augmenteraient-elles ?
Pour beaucoup, il s’agit d’une évidence : la valeur ajoutée constituant
une assiette plus large que les salaires, les ressources de la Sécurité
sociale ne pourraient qu’augmenter.
Cela n’a pourtant rien d’évident.
L’assiette valeur ajoutée : une réalité juridique, comptable
Ce n’est qu’au royaume des abstractions économiques que la
valeur ajoutée des entreprises est une valeur intangible, hors de
portée des enjeux mesquins des rapports de forces sociaux et
politiques.
Dans la réalité, il en irait tout autrement. La « valeur ajoutée » pour
devenir une assiette opérationnelle devrait être définie par la loi et
des décrets. Ainsi, pour le plan comptable qui s’impose à la
comptabilité des entreprises, la valeur ajoutée d’une entreprise
est-elle la différence entre deux agrégats de comptes, subdivisés en
multiples sous-comptes.
L’enjeu serait alors pour le patronat de faire retirer des comptes ou
des sous-comptes du premier agrégat ou dans ajouter au second pour
diminuer l’assiette des cotisations sociales.
Le taux des cotisations
Les ressources de la Sécu ne dépendraient pas seulement de
l’assiette mais aussi du taux qui sera appliqué à cette assiette. Si ce
taux diminue proportionnellement plus que n’augmente l’assiette, la
Sécurité sociale verra ses ressources diminuer.
“L’emploi y gagnerait” ?
Pourquoi ? Parce que le « coût du travail » baisserait alors que celui
du capital augmenterait et que les entreprises auraient donc tout
intérêt à embaucher. Nous baignons là en pleine théorie néo-libérale.
Or, tout d’abord, cette théorie est contredite par les faits : la
baisse des cotisations sociales (du salaire indirect) et donc du « coût
du travail » n’a pas permis de créer d’emplois, même si Raffarin et
d’autres proclamaient le contraire.
C’est, ensuite, un engrenage où il ne faut surtout pas mettre le doigt.
Quand, en effet, la baisse du coût du travail devra-t-elle s’arrêter ?
Lorsque les salaires français auront rejoint les salaires chinois ?
L’adoption d’une assiette valeur ajoutée aurait, de toute façon, deux effets pervers pour l’emploi.
Tout d’abord, elle pousserait à la précarisation de l’emploi. En effet,
les salaires des intérimaires (considérées comme une consommation de
service en provenance de tiers) viendrait en déduction de la valeur
ajoutée.
Ensuite - et pour les mêmes raisons- cette assiette pousserait à
l’externalisation du maximum d’activités d’une entreprise. En effet,
ces activités, une fois externalisées, seraient facturées à cette
entreprise et viendrait, là encore, minorer la valeur ajoutée.
Les PME seraient favorisées au détriment des grands groupes ?
Les multinationales seraient, bien au contraire, d’emblée avantagées.
Il leur suffirait d’augmenter la valeur des matières premières ou des
produits semi-finis produits à l’étranger mais dans le même groupe pour
diminuer d’autant la valeur ajoutée produite en France. Une telle
possibilité ne serait pas offerte aux PME.
De très nombreuses PME n’ont que l’apparence de l’indépendance : elles
appartiennent en réalité à un grand groupe. A coup de fusions,
d’acquisition, les grands groupes contrôlent aujourd’hui plus de 75 %
des emplois des grandes PME (200 à 500 salariés).
La moitié des PME sont des entreprises de sous-traitance travaillant au profit de grandes entreprises.
Dans les deux cas, les grandes entreprises siphonnent les profits que
pourraient réaliser ces PME à leur propre profit. L’adoption d’une
assiette valeur ajoutée pourrait peut-être se traduire par une
augmentation des cotisations patronales payées par la société mère ou
donneuse d’ordres et par une baisse des mêmes cotisations pour les
entreprises sous-traitantes. Mais, le rapport de forces étant ce qu’il
est, la société mère ou donneuse d’ordres pourrait aussitôt compenser
son manque à gagner en diminuant les prix des prestations ou des
produits fournis par les sous-traitants.
Les secteurs qui emploient de la main d’œuvre seraient avantagés au détriment des secteurs capitalistiques ?
Tout d’abord, les secteurs qui emploient le plus de main d’œuvre ne
sont pas défavorisés par rapport aux autres secteurs. Si c’était le
cas, d’ailleurs, les capitaux quitteraient ces secteurs pour aller vers
les secteurs qui emploient le plus de capitaux. Le taux de profit
réalisé par Michelin n’est pas vraiment différent (sur une période de
plusieurs années) de celui réalisé par Rhodia ou la Société Générale.
La définition de la valeur ajoutée, ensuite, n’est pas aujourd’hui la
même selon les secteurs. Elles n’est pas la même dans la banque que
dans les assurances ou dans l’industrie. Les différences étaient telles
qu’elles avaient d’ailleurs permis à de nombreuses compagnies
d’assurance, avant la parution du plan comptable des assurances de
1995, de présenter une valeur ajoutée négative !
Que perdrait le salariat en perdant l’assiette salariale ?
Le salaire constitue une assiette stable.
Il est, en effet,
très difficile pour un employeur - et même impossible quand ce salaire
est égal au SMIC - de baisser les salaires bruts. Il n’en irait pas de
même pour la valeur ajoutée qui n’est qu’une valeur comptable,
artificielle, modifiable par une loi ou un décret.
Le salaire constitue également une assiette vérifiable.
Cette assiette est
scrutée chaque mois par des millions de personnes. Chaque salarié, en
effet, vérifie, à la fin du mois et au centime près, le montant final
porté sur sa fiche de paye. Il réagit aussitôt au moindre changement à
la baisse.
Comment les
salariés pourront-ils vérifier avec la même rigueur l’évolution de la
valeur ajoutée de leur entreprise sans avoir les compétences d’un
expert-comptable ?
Aujourd’hui, en
défendant leur salaire direct, les salariés défendent en même temps la
Sécurité sociale et leurs caisses de retraite.
A chaque fois que les salaires directs augmentent, les cotisations
sociales (le salaire indirect) augmente automatiquement. Cet
automatisme institutionnel est un acquis considérable pour le salariat
qu’il serait extrêmement imprudent d’abandonner pour un saut dans
l’inconnu.
Enfin, les cotisations
sociales (salariales ou patronales) constituent un salaire indirect qui
fonde l’existence d’une démocratie sociale
Ces cotisations fondent la légitimité des représentants élus des
salariés à gérer les caisses de Sécurité sociale. L’assiette valeur
ajoutée ferait perdre cette légitimité au salariat. Cet acquis
déterminant, issu du rapport de forces qui avait permis la création de
la Sécurité sociale en 1946, passerait à la trappe. Il n’y a pourtant
aucune raison d’accepter la disparition d’un tel acquis même s’il a été
mis en sommeil depuis 1983 aussi bien par les gouvernements de droite
que les gouvernements de gauche.
Augmenter les cotisations sociales patronales
La meilleure solution au problème du financement de la Sécurité sociale
reste donc l’augmentation des cotisations sociales patronales. Cette
augmentation permet de rééquilibrer le partage des richesses en faveur
du salariat sans avoir à subir les inconvénients que génèrerait
l’instauration d’une assiette valeur ajoutée.
Encore faut-il pour cela admettre la réalité c’est-à-dire que
l’augmentation des cotisations sociales patronales met à contribution
non pas le salaire mais les profits en ne confondant pas l’assiette des
cotisations sociales (le salaire brut) et ce qui est mis à contribution
(les profits).
Mais, nous opposera-t-on, comment augmenter les cotisations sociales
patronales avec la concurrence internationale et l’Union Européenne ?
C’est une illusion de croire qu’un changement d’assiette des
cotisations sociales patronales ferait perdre de vue au patronat ce qui
est pour lui l’essentiel : ses profits. Il est vain de se cacher que,
quelle que soit l’assiette des cotisations sociales patronales, toute
diminution des profits patronaux entraînera une riposte du patronat et
donc un risque de délocalisation.
La solution à ce chantage patronal n’est donc pas dans un changement
d’assiette des cotisations sociales patronales mais dans la volonté de
l’Etat de se donner les moyens de s’opposer aux délocalisations, à la
liberté de circulation des capitaux et aux règles imposées par l’Europe
libérale.
Jean-Jacques Chavigné, Gérard Filoche
